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28/02/2007

En prison

Quand elle n'est pas en prison, Françoise-Léa Cramier passe dix heures dans son bureau situé dans les anciennes geôles du tribunal d'instance d'Auxerre. Un comble pour ce juge de l'application des peines, dont la mission première est « d'ouvrir une porte vers la sortie ».  

Libération conditionnelle, validation de parcours de réinsertion... A juste 28 ans, la présidente Cramier, dont c'est le premier poste, prend le « risque de la récidive », affronte l'opinion et sait que tôt ou tard elle se trompera. Comme toute une génération de nouveaux magistrats, elle vit avec le poids d'Outreau. « Au début, je rêvais des situations tant j'avais peur de faire des erreurs ». Des perles de temps se sont écoulées de la clepsydre, mais le "Jap" peine « à trouver la distance nécessaire », quand les condamnés ont le même âge qu'elle.

« Les gens nous voient en terme de pouvoir, pas nous. Nous sommes au service des citoyens ». Le deuxième épisode du triptyque Nos juges, ce soir à 22 h 55 sur France 2, viendra rassurer les deux Français sur trois qui disent ne pas avoir confiance en la justice.

L.T.-G.

France 2 - "Nos juges" - 1er mars 2007 (22h55)

INTERVIEW : Henry Dunant ou la compassion

ENTRETIEN France 2 diffuse ce soir à 20 h 50, "Du rouge sur la croix", le parcours du fondateur de la Croix-Rouge. Rencontre avec Dominique Othenin- Girard, le réalisateur

medium_f-dunant.jpgThomas Jouannet (Dunant), dirigé par Dominique Othenin-Girard. F2

Qu'est-ce qui a motivé votre envie de faire un film sur Henry Dunant, fondateur de la Croix-Rouge ?

J'ai eu cette idée dès 1983, quand est paru Un souvenir de Solférino. J'ai tenté de faire quelque chose de cette histoire extraordinaire, mais ça n'a pas abouti. En 2004, quand la Télé Suisse Romande a souhaité développer ce projet, le co producteur Pierre Berthet, qui connaissait mon intérêt pour le sujet, m'a contacté.

Qu'est-ce qui vous a touché ?

Réaliser que quelqu'un souffre, se dire que cette personne est mon frère, ma soeur, que je ne peux pas être heureux tant qu'il souffre. Alors je vais faire quelque chose pour lui... Derrière ce film de divertissement, c'est ce message de compassion que j'ai voulu faire passer.

 

Dunant souffre ?

Et il se bat. Il a la foi en essayant de créer quelque chose pour autrui. Cet homme qui s'est transformé, aide le monde à souffrir moins.

 

Le budget de ce téléfilm a imposé une coproduction ?

Ce film est coproduit par la France, la Suisse, l'Autriche et l'Algérie. Nous avons tourné 29 jours, fin 2005, en Autriche, en Algérie et en Suisse. Trois tournages assez différents, en plusieurs langues avec plusieurs cultures. Ce qui a apporté des enrichissements.

 

Co écrire le scénario vous tenait à coeur ?

Très. J'ai appris le métier de metteur en scène mais je suis aussi auteur. La base du scénario était déjà forte. Mais le sentiment de la compassion n'apparaissait pas. Ni ce combat, cette opposition à laquelle Henry Dunant va être confronté.

 

Quelle était votre ambition ?

Mon angoisse était de faire un film du XIXe siècle gnangnan, avec des gens en costumes auxquels on ne peut pas s'identifier. Je voulais que ce soit contemporain, car ce message me paraît intemporel. Aider quelqu'un, ça n'a pas de date, pas de mode. J'espérais que le message puisse passer à travers le divertissement et le raconter d'une manière accessible aux autres. Pour peut-être inciter quelqu'un à prendre l'exemple de Dunant pour en faire quelque chose dans sa vie.

 

Thomas Jouannet dans le rôle principal s'est vite imposé ?

Quand il est arrivé, ça a été une évidence. Je souhaitais un homme lumineux et Thomas était la personne la plus positive pour cela. Il a sorti des choses très intimes.

 

Vous dirigez beaucoup les comédiens ?

Je fais un grand travail en amont du tournage : répétitions, lectures... Je suis présent à chaque étape. Je pose des questions aux acteurs, j'essaie de les écouter pour savoir ce qu'ils peuvent m'apporter. Et là le scénario s'enrichit avec la personnalité de chacun. Pendant le tournage, on courait dans la même direction, c'était formidable.

 

La prochaine étape pour vous ?

Un film noir. Je travaille sur l'histoire d'un infiltré qui suit les traces du blanchiment d'argent dans les banques suisses.

Propos recueillis par Loïc TORINO-GILLES

Croix-Rouge

Assez convaincant, Thomas Jouannet dans le rôle d'Henry Dunant, l'orgueilleux et humaniste fondateur de la Croix-Rouge. Un homme de conviction, dont le parcours est brillamment conté par Dominique Othenin-Girard. Conté, car les raisons de l'affrontement des armées franco-sardes et autrichienne, dans la Lombardie du XIXe, restent en arrière plan.
Le téléfilm s'attarde sur les horreurs de cette guerre ; sur ces corps déchiquetés et trimbalés dans un hôpital de fortune. L'arrivée de Dunant à Solférino changera sa vie et celle de l'humanité.
Ce parcours du combattant, pour convaincre les Etats d'autoriser la création d'une société de secours qui soigne les blessés sans se préoccuper de leurs nationalités, est mis en évidence.
Dix ans d'une croisade ardue qui lui vaudra de recevoir, en 1901, le 1er Nobel de la Paix. Une fable sur la passion d'un homme en avance sur son temps.

L.T.-G.

France 2 "Du rouge sur la croix" - 27 02 2007

Le retour de la Nouvelle Star

Coup d'envoi ce soir de la 5e "Nouvelle star"

Il a finalement rempilé, le jury de la Nouvelle star. Même si à chaque fin de saison, il dit qu'on ne l'y reprendra plus. Preuve qu'il a encore de belles choses à découvrir. Alors Marianne James, Dove Attia, André Manoukian et Manu Katché reprennent les routes et s'arrêtent ce soir à Marseille et Rennes pour dénicher « voix et personnalité ». Sobre arrivée - en limousine ! - sur la Canebière, pour entamer la quête du barde.
Et d'où vient le premier candidat sélectionné ? De Montpellier ! Jonathan a fait plier le jury en interprétant Human Nature de Michaël Jackson. Mieux : c'est lui qui lâche modestement la première perle : « c'est du travail mine de rien de passer devant vous ». Côté personnalité, le quatuor est servi. Le deuxième choisi, vous savez où il habite ? A Sète. Pour Joseph c'est encore plus irréel : il a été sélectionné sans chanter. Son morceau de "beatbox" (bruitage avec la bouche) a bluffé l'auditoire.
Vous allez aussi adorer Martine, petit bout de femme à la voix de velours. Décrochera t-elle trois "oui" ? Petites phrases. Mais le succès de l'émission repose surtout sur les phrases assassines des membres du jury. En voici une petite sélection.
- Patrick : « je n'ai jamais pris de cours de chant. » Réponse unanime du jury : « on a vu ! ».
- A cet autre candidat qui vocifère : « et maintenant, que vais-je faire... » Marianne James, en rythme : « prendre tes affaires et dégager de là. » - Manu Katché inspiré : « vous avez une grande voix, mais un feeling de poissonnière ».
- Dove Attia, plein de bienveillance : « vous prenez des cours de chant ? Eh bien, il faut arrêter ».
- Enfin dans le même genre : « si tu peux aller chanter dans un autre pays ça nous arrange ! » ou « oubliez la chanson... » Fous rires garantis pour les vilains téléspectateurs que nous sommes. Cette cinquième mouture, qui a vu la participation de 25 000 prétendants, promet en tout cas d'être d'un haut niveau. Vocalement et verbalement.
Il y aura de la joie, des larmes, des parents qui se morfondent, des candidats qui ne doutent pas de leur talent, et d'autres qui se paient carrément la caboche des quatre "casteurs" les plus célèbres du PAF.

Loïc TORINO-GILLES

M6 - "Nouvelle star" : épisode 1 - 28 02 2007

Cher docteur

Vous allez adorer le détester ! TF1 diffuse à partir de ce soir Docteur [H]ouse, après un premier passage sur la chaîne du satellite TF6. Son personnage central, le docteur Greg House, est un concentré de suffisance et de cynisme. Les patients ne l'intéressent pas. Son truc à lui, ce sont les maladies et la manière de guérir les cas extrêmes.
Flanqué d'une équipe d'experts qu'il ne ménage pas, le doc traque bactéries et virus à la façon de l'inspecteur Columbo. Sans cigare mais en s'appuyant énergiquement sur sa canne. Quelle écorchure de la vie l'a rendu revêche et infirme ? Mystère. Tellement méchant ce monsieur House, qu'on finit par s'y attacher.
Phénomène aux Etats-Unis, son interprète, Hugh Laurie, a reçu le Golden Globe du meilleur acteur deux années consécutives en 2006 et 2007. Et depuis quelques mois, les audiences sur la Fox s'envolent, jusqu'à frôler les 28 millions de malades de la série. Reste aux personnages de se révéler, entre deux diagnostics. Première consultation ce soir à 23 h 15. Un rendez-vous à découvrir... d'Urgences.
L.T.-G.

TF1 "Docteur [H]ouse". 28 02 2007

27/02/2007

Ségolène Royal : Un geste

POLITIQUE – TF1 "J'ai une question à vous poser".
Invitée Ségolène Royal – 19 02 2007


Bernard était en larmes. Sur le plateau de TF1, ce handicapé de 60 ans faisait partie des intervieweurs de la candidate Ségolène Royal, dans l’émission J’ai une question à vous poser.
Les yeux humides à force d’expliquer sa différence, ce calvaire, et cette mise à l’écart d’une société qui peine à adapter ses équipements. « La normalité, c’est le handicap », a-t-il sangloté, citant les mots d’un de ses amis récemment disparu.
Illustration de cette « mise à l’écart », dans cette sorte d’amphithéâtre, Bernard n’était pas installé sur un siège comme les 99 autres Français. Assis sur son fauteuil roulant, il suivait l’émission en contrebas, entre les allées du décor.
Ce moment d’émotion a touché Madame Royal qui a quitté son pupitre et traversé le plateau pour poser sa main sur le bras de Bernard, lui soufflant : « Il faut changer le regard de notre société » .
Faisons fi des attaques de démagogie ou de calcul. Ce geste de compassion semblait bien sincère. Pensons qu’il n’était pas celui de la candidate PS. Mais celui de la femme.

L.T.-G.

François Bayrou : Le berger

POLITIQUE – M6 "Cinq ans avec", première.
Invité François Bayrou - 18 02 2007


Cette première de Cinq ans avec…, dimanche 18 sur M6, donnait l'impression d'une prolongation de Vivement dimanche, tant sa présentatrice Estelle Denis, avait l'acidité du plus combatif Michel Drucker !
L'émission s'ouvrait avec une image : François Bayrou tenant un bâton de berger (pas le saucisson), « prêt à mener le troupeau » vers le changement. Voila pour le ton de cette partie consacrée à dévoiler la personnalité du candidat (sic).
Comparé à Charles Ingalls, ce Béarnais qui a le « sang proche du béret », nous livrera des confessions aussi fortes que « La politique n'est pas un milieu gentil », « Je n'achète que des polars qui finissent bien », « Ma femme Babeth ne choisit pas mes chemises » ou « Je préfère un journaliste honnête dont on connaît la ligne ». Cette dernière pour Alain Duhamel, suspendu pour lui avoir apporté son soutien.
Finalement, on avait raison de rester jusqu'à la fin. Bayrou, plutôt à l'aise, claqua le béarnais, euh le beignet, à Bernard de la Villardière qui tentait d'insuffler un peu de poil à gratter. Sanguin qu'on disait…

L.T.-G.

17:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : m6, bayrou, politique

26/02/2007

Présidentielle : le CSA vigilant

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ENTRETIEN
Sylvie Genevoix, membre du CSA, détaille sa mission : veiller au pluralisme


Quand s'appliquera l'égalité du temps d'antenne des candidats à la Présidentielle ?
La période préliminaire, commencée le 1er décembre, applique le principe de l'équité. Le 20 mars, date de publication par le Conseil constitutionnel de la liste officielle des candidats, nous serons dans la période intermédiaire. Ce sera l'égalité du temps de parole et l'équité du temps d'antenne. Puis, du 9 avril jusqu'au deuxième tour du scrutin, nous entrerons dans la période de campagne officielle. Là, il s'agira d'égalité absolue.


Vous veillez au pluralisme ?

Notre rôle c'est d'édicter cette revendication puis de veiller à sa bonne application. On mesure le temps de parole des principales chaînes : TF1, France 2, France 3, Canal + et M6. Les autres et les radios sont soumises au régime déclaratif : elles envoient leurs temps de parole et d'antenne. Nous vérifions ces déclarations.


Systématiquement ?
Non. Mais nous avons des systèmes de contrôles. Bien entendu, s'il y a une plainte, on vérifie encore plus. Pour tout vérifier, une journée humaine n'y suffirait pas. Il y a déjà une douzaine de personnes pour qui c'est un énorme travail.


Que faites-vous des mesures ?
On les transmet aux chaînes à des périodes régulières. On publie les temps de parole et d'antenne sur le site du CSA (conseil supérieur de l'audiovisuel). Ils sont donc publics. On fait tout pour arriver à un équilibre qui paraisse, aux yeux de tous, le bon équilibre.


Et en cas de non respect ?
On envoie des lettres et on peut convoquer des dirigeants de chaînes en séance plénière, pour leur dire le plus fermement possible de respecter l'équité puis l'égalité. De toutes les chaînes, pas une ne prend pas au sérieux les recommandations du CSA.


Il n'y a jamais eu d'entêtement de la part des chaînes ?
Franchement, non. Parfois, elles ont un peu de mal à y parvenir, mais il n'y a pas de mauvais élèves. On n'est pas là pour être des gendarmes, mais plutôt des guides et des arbitres.


Il y a quand même des sanctions ?
Au-delà de ça, il y a toute une batterie de sanctions possibles : mises en demeures, sanctions financières... On les a rarement appliquées. Enfin, la menace du bâton existe.


Vous recevez des plaintes de candidats ?
Bien sûr. Les gens pensent toujours qu'ils ne sont pas suffisamment bien traités.


C'est le cas de M. Bayrou ?

Non, pas nécessairement. D'ailleurs Monsieur Bayrou ne peut pas dire qu'il est mal traité. Il a fustigé la bipolarisation. Ça a été le cas, car la campagne a commencé très fort. Il avait déjà relevé une bipolarisation en 2002, mais elle n'était pas arrivée au premier tour... Monsieur Bayrou ne se plaint pas. Il aurait tort de le faire me semble-t-il...


Les chaînes ont des astuces pour donner la parole à des heures d'écoute variables... On ne peut pas mettre tout le monde à 20 h 50.
Non, bien sûr. Mais elles n'ont pas de trucs. Elles essaient de respecter ce que représentent les uns et les autres en fonction de leur représentativité. Elles essaient d'équilibrer de leur mieux. Les émissions de matin, comme les "4 vérités" sur France 2, sont très regardées. Ça poserait un problème si c'était au milieu de la nuit, mais elles ne le font pas.


On verra aussi les "spots" de la campagne officielle ?
Chaque candidat disposera de 45 minutes réparties en spots de longueurs différentes, et il y a un tirage au sort pour attribuer les passages.

Propos recueillis par Loïc TORINO-GILLES


Le temps de parole comprend toutes les interventions d'un candidat ou de ses soutiens. Le temps d'antenne réunit le temps de parole et l'ensemble des éléments éditoriaux.

19:20 Publié dans Interview | Lien permanent | Commentaires (1)

25/02/2007

Le Chinois

Qui est Jean-Claude Bonnal ? Ce braqueur petit bras, « teigne à la gâchette facile » que les policiers surnomment "le Chinois". Christophe Hondelatte lui consacrait hier un Faites entrer l'accusé inédit sur France 2. En novembre 1998, lors de l'attaque d'un bureau de change à Paris, un ancien garde du corps prend les voyous en chasse Le courageux se prend une balle en pleine tête mais échappe miraculeusement à la mort. Son témoignage va permettre l'arrestation du Chinois et de son complice.
Pourtant, fin 2000, après plusieurs mois de détention provisoire, les deux hommes sont libérés. Dix mois plus tard, le braquage d'un bar-tabac d'Athis-Mons tourne au carnage : 4 morts pour 1000 € de butin. Seule rescapée, une fillette de 9 ans livre un témoignage capital. Deux semaines plus tard, un cambriolage échoue au Plessis-Trévise : deux policiers sont tués. Ces faits portent la signature du Chinois. Mais pourquoi a-t-il été libéré ?
En pleine campagne présidentielle, Jospin fustigera, à raison, « une dramatique erreur d'appréciation ».

L.T.-G.

France 2 "Faites entrer l'accusé : le Chinois" - 25 02 07

14/02/2007

Homo-gène

L'homosexualité est-elle innée ou acquise ? Arte posait la question mardi soir, dans une Thema consacrée aux différences. Dans le premier reportage, Je suis homo et alors, la chaîne rouvrait un très vieux débat avec la science : est-on gay depuis la naissance ou le devient-on ? Quelle est la part de génétique ou de relationnel ? Comprendre : l'homosexualité est-elle vécue ou subie ? Témoignage de Skander. Pour lui, embrasser une fille, c'est comme embrasser un poisson. A l'école ? Il n'avait que des copines. Son papa ? Pas souvent là. Sa maman ? Possessive. C'est donc ça.
Sauf que son ami, tout aussi gay, était bagarreur. « Fallait pas lui chercher des noises », souffle sa maman, pas très présente pendant l'enfance. A l'inverse de son mari, dont les enfants étaient proches.
Ce n'est pas avec Isabelle, une lesbienne dont la fille est homosexuelle et le demi-frère gay, qu'on trouvera une explication universelle.
Le reportage rappelait au passage les terribles dérives engendrées par cette quête : la castration des "triangle rose" par les nazis ; les trépanations dans la France des années cinquante...
D'où la légitimité de savoir si les gènes ont quelque chose à voir à tout ça. Surtout quand certains considèrent l'homosexualité comme « une menace pour la société ». La vraie question reste celle de l'égalité des droits. Dont celui de s'aimer librement.

L.T.-G.

Arte "Homo est alors ?" - 14 02 2007