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31/05/2007

Folle journée

Le quatuor Line Renaud, Pierre Arditi, Karine Belly et Guillaume Delorme fonctionne à merveille. Hier soir, Aller-retour dans la journée, sur France 2, était un savoureux moment de comédie. Un voyage qui débute par des images d'une Marseille idyllique, pour prendre la direction de Bousselegues-les-trois-clochers, au motif d'assister à un enterrement imaginaire; celui de la nounou de François (Arditi), P.D.-G d'une entreprise pétrolière qui a pignon sur rue.

Ce plan digne de Machiavel, est échafaudé par Elise (pétillante Line Renaud), sa mère, qui se sent délaissée. Lasse que le fiston ne lui consacre que deux minutes au téléphone une fois par semaine, elle va l'entraîner dans ce parcours du combattant où ils finiront par régler des comptes datant de l'enfance.

Julien, le chauffeur racaille repentie, et Karine, l'assistante stressée sous médocs, parachèvent ce tableau haut en couleurs que l'on aurait pu sous-titrer Tatie Danielle ou encore Une journée en enfer. Du pain bénie pour les téléspectateurs !
L.T.-G.

"Aller-retour dans la journée", France 2. 30.05.07

30/05/2007

R.I.P

On y croit ou on n'y croit pas, comme on croit ou pas en la religion. Le tombeau de Jesus, hier soir sur TF1, est un controversé docu-fiction produit par James Cameron (le réalisateur de "Titanic"), dont la diffusion outre-Atlantique a provoqué une vive polémique... Printemps 1980 à Jérusalem : des archéologues découvrent un tombeau datant de 2000 ans. A l'intérieur, six ossuaires sur dix portent des inscriptions, ce qui semble être rare à l'époque. Dont une d'importance : "Jésus, fils de Joseph" (Yeshoua bar Yossef). On trouve aussi celle de Maria (pour Marie) ou de José, le surnom du frère de Jésus. Tiré par les cheveux ? Difficile à dire. En tout cas le programme ne lésine pas sur les moyens pour nous convaincre : appel à des graphologues, des statisticiens et envoie d'une caméra pour explorer une canalisation qui passerait à l'intérieur du tombeau. Mais finalement sur les choses divines, préférons garder une part de mystère… Et que ces braves personnes reposent en paix.

L.T.-G.

"Le tombeau de Jésus", TF1. 29.05.07

29/05/2007

Sans pitié

Nostalgiques des années Club Dorothée, AB1 sort ce soir à 22 h 40 d’une vieille malle que l’on croyait enfouie à jamais au fond d’un océan, la série Pas de pitié pour les croissants ! Pour les moins de vingt ans, elle mettait en scène Dorothée, Jacky, Corbier, Ariane et Patrick dans des aventures aussi absurdes que baroques, déclinées en 139 épisodes !

Diffusée dès 1987 sur TF1, elle connut la participation de nombreuses "vedettes", dont Jean-Pierre Foucault, Dick Rivers, Christine Bravo, Julien Lepers, Hélène (sans les garçons), Simone Garnier, Chantal Goya, Madame Soleil ou encore les Musclés… De l’or en barre au panthéon de la ringardise. Cette série donna naissance aux personnages de Marotte et Charlie, parodie des animatrices de la concurrence d’Antenne 2. On savait rire à l’époque.

Mise en bouche cathodique donc, puisque cette sitcom va être adaptée au cinéma… Ce n’est pas une blague ! Mais un réel projet que le célèbre Jacky (pas Vilacèque, notre reporter tout aussi renommé), a confirmé récemment. Vraiment sans pitié.

L.T.-G.

"Pas de pitié pour les croissants!", AB1. 29.05.07

28/05/2007

Passé étoilé

Belle soirée en perspective sur TF1 avec Le fantôme de mon ex, habile fiction sentimentale réalisée par Charlotte Brändstörm. Moniteur d’auto-école un peu rêveur, passionné d’astrologie, Léopold (Bernard Yerlès) reçoit la visite de son ex-compagne Julia (Florence Pernel), tuée par un chauffard cinq ans plus tôt. Evidemment, personne d’autre que lui ne réussit à la voir… Ce qui entraîne une succession de quiproquos assez drôle, bien qu’attendue. Jusque-là, rien de bien original. Mais le scénario, bien ficelé, ajoute à ce mélo un fils de cinq ans, Thomas (merveilleux Tristan Aldon), dont évidement Léopold ignore l’existence. De fil en aiguille, sans jamais être mièvre, l’histoire éclaire ce passé amoureux tortueux et résout la blessure principale. Celle de Léopold, fils d’une mère castratrice, rejeté par son père, qui passe sa vie à fuir ses responsabilités d’adulte.
Ce fils tombé du ciel lui donnera progressivement envie d’assumer son rôle de papa… Même quand on a la tête dans les étoiles, il faut avoir les pieds sur terre.

L.T.-G.

"Le fantôme de mon ex", TF1. 28.05.07

26/05/2007

"Clint" d’œil

Arte consacre sa Thema demain soir au cow-boy le plus célèbre des Etats-Unis, celui que l’on s’arrache pour bien plus qu’une poignée de dollars. Clint Eastwood, acteur iconoclaste devenu réalisateur reconnu, compositeur inspiré féru de jazz et de blues, républicain militant qui a rallié le président Bush en 2004… Un franc-tireur, selon Michael Henry Wilson, qui a réalisé une entrevue exclusive de cette gueule hollywoodienne qui se livre en toute intimité.

Une carrière hors du commun qui étonne presque le principal intéressé. Avec humour et humilité, il la raconte dans son ranch de Carmel en Californie, au moment où il termine son projet le plus ambitieux : un diptyque sur la guerre du Pacifique. Ces échanges sont enrichis par des photographies d’archives personnelles et des extraits de ses films les plus marquants.
La soirée débute à 20 h 45 avec Honkytonk Man, réalisé par Clint en 1982, où il joue aux côtés de son fils Kyle. Un magnifique "Clint" d’œil sur une carrière exceptionnelle.

L.T.-G.

"Thema Clint Eastwood", Arte. 27.05.07

25/05/2007

Homophobique

Le documentaire Haro sur les homos, enquête sur l’homophobie, a été tourné en juillet 2005 à Marseille, Paris et Montpellier par Capa pour Lundi investigations (Canal +). La chaîne Planète (satellite et TNT), le rediffusait hier après-midi. Deux ans donc, mais une situation qui n’a pas franchement évolué.

Les premières images, dures, sont celles de David Gros, 26 ans, agressé par six mineurs et un majeur à coup de barre de fer en août 2004 dans la cité phocéenne. Objectif des "casseurs de pédés", lui détruire le visage. Le documentaire ne le dit pas, mais ils ont été condamnés depuis (trois ans dont deux avec sursis pour le plus âgé). Certains des mineurs, retrouvés à l’époque par les journalistes, avaient accepté de témoigner : "Je regrette un peu, mais on a fait ce qu’on devait faire…" Voilà pour la mentalité.

A Montpellier, dans une cité, aveu terrifiant à visage masqué d’un agresseur d’homos, lui même gay. "Un jour on a agressé un pédé. C’est moi qui me suis le plus acharné sur lui car je ne supporte pas d’être comme ça. D’ailleurs personne ne le sait". No comment.

L.T.-G.

"Haro sur les homos, enquête sur l'homophobie", Planète. 24.05.07

24/05/2007

Les "harmonies tordues" de Maurane

medium_f-mauran.jpgENTRETIEN En plein préparatifs d'une tournée qui passe par Montpellier en juin, Maurane fait escale à Montréal pour chanter avec Céline Dion

Vous n'avez pu refuser l'invitation de Céline Dion ?

Je n'avais aucune raison d'annuler cet enregistrement télé (le 9 juin sur TF1), mais ça met bien le bordel dans mes petites affaires du moment, je peux vous dire... (Rires).

Vous l'avez rencontrée en 1996 aux Enfoirés, et beaucoup d'artistes considèrent votre duo comme le plus grand moment des Restos du Coeur.

Oui, ils me l'ont dit. Jean-Jacques (Goldman) se trémoussait à l'idée de nous entendre chanter toutes les deux. Avant la télé, il disait ah la la, je suis content, ça va être bien. Et c'est resté apparemment, puisque chaque année je sais qu'il le repasse dans les petits clips. C'est un honneur de chanter avec Céline... On ne peut pas se planter, c'est la Rolls, Céline !

Vous avez souvent des pauses récréatives comme ça ?

Oui, ça m'arrive et ce sont des opportunités que je saisis volontiers parce que c'est enrichissant. Finalement je suis venue à Montréal un peu avec des pieds de plomb en quittant les répétitions et puis les gens sont tellement accueillants, il fait beau, ça me fait une petite récré.

Vous allez rentrer en Belgique quand même ?

Oui (rires). En plus, la première approche... Je commence à avoir vraiment le trac. Je vais chanter au Trianon pendant dix jours, du 29 mai au 10 juin. C'est un très joli lieu. On est en plein boum, en plein boulot pour ça.

Que pouvez-vous dire de cette série de concerts ?

Pour moi, la scène, c'est là que tout existe pour de vrai, c'est le concret, la rencontre avec le public, le moment où les chansons prennent leur envol. Pour moi le disque c'est une étape. L'album, c'est comme un laboratoire. Après il faut que ça vive, que ça explose.

La tendance ne sera pas à l'intime ?

Non. En trio, on tourne déjà depuis je ne sais combien de temps. On a fait plein de spectacles et c'est génial parce qu'on redécouvre les chansons. Mais c'est quand même bien de jouer avec du monde. Ce n'est pas une question de puissance, parce que je ne chante pas du hard rock.

Votre single, "Les antipodes", est une mélodie assez exigeante ?

C'est une chanson d'Alain Lanty et de Pierre-Dominique Burgaud qui m'a été envoyée comme ça et j'ai craqué. Moi je l'ai trouvée jolie et assez accessible.

Vous recevez beaucoup de chansons ?

Oui. Je réagis de façon épidermique, il faut que ça soit "cherdepoulesque", sinon c'est même pas la peine. Si ça me fait un effet physique c'est gagné.

Vous avez composé des mélodies de votre dernier album ?

Il y a Sereine et Rouge amarante. Cette dernière est une chanson d'Arnould Massart, ça change d'harmonie tous les quarts de seconde. Harmoniquement c'est très tordu. Moi j'aime bien. Je suis peut-être tordue...

C'est un exercice de style ?

Non, j'aime ça profondément. Depuis que je suis toute petite j'ai écouté Stravinski, Bartok, Fauré, Ravel, des gens obsédés par les harmonies riches et changeantes.

Qu'est-ce qui vous fait rêver encore ?

Tout. La vie me fait rêver. J'y crois encore. Je suis peut-être dans l'utopie mais je suis plutôt du genre optimiste.

A Montréal, propos recueillis par Loïc TORINO-GILLES

Samedi 16 juin au Corum de Montpellier (de 35 à 45 €). Album "Si aujourd'hui" (Polydor).

Oui chef !

Régulièrement dans cette chronique, je vous encourage à regarder les documentaires issus d’Infrarouge, chaque jeudi sur France 2. Ce soir encore, Bons pour le service pose un regard franc sur des jeunes gens (et de courageuses filles), principalement issus de l’immigration, qui souhaitent s’engager dans l’armée. La police ou la gendarmerie ? Trop connoté, comprenez négatif.

Tous viennent chercher au centre de sélection de Vincennes, un travail stable, un peu de reconnaissance et sans doute un regard neuf sur leur personne. Mais la sélection est difficile. Outre l’aptitude physique et la discipline, "une carie mal soignée est éliminatoire". Au fil des entretiens entre militaires et prétendants, on déplore le niveau médiocre d’orthographe de certains, quand ce n’est pas l’illettrisme d’autres.

Et il n’y a qu’un journaliste pour demander s’il y a du racisme dans l’armée… Le caporal chef, plus qu’étonné, réplique : "Je n’ai jamais connu de racisme dans l’armée… Mais ça ne fait que 17 ans que je suis là". La solidarité semble réelle.

L.T.-G.

"Bons pour le service", France 2. 24.05.07

23/05/2007

Trois femmes

Ça commençait plutôt bien : trois femmes aux antipodes les unes des autres, qui ne se connaissent pas, vont être réunies par un bout de papier sur lequel est griffonné leur nom. Une étrange liste, nichée dans le creux de la main d'une femme à moitié nue qui traverse la verrière d'un grand hôtel, un soir de cocktail. Santé !

Le premier épisode de Suspectes, ce soir sur M6, met l'eau à la bouche pendant 52 minutes. Mais le suivant (sur les huit qui existent), nous fait malheureusement déchanter. Rapidement, les personnages deviennent des caricatures d'eux-mêmes : la mère de famille faussement nunuche (énervante Ingrid Chauvin) fait dans la mièvrerie, la chirurgien cynique et sans âme (Karina Lombard) se met à annuler ses opérations (oh la vilaine) et l'assistante idiote (Elodie Frenck) en découd avec un prétendant au même job, qu'elle a lâchement évincé lors de l'entretien d'embauche…

Et rien pour faire avancer le schmilblick d'une intrigue que l'on entrevoit cousue de fil blanc. Chose que l'on ne suspecte pas : l'ennui.  

L.T.-G.

"Suspectes", M6. 23.05.07

22/05/2007

Immortelle

Ça démarre en musique, par un tube disco sur lequel on danse encore, comme pour nous rappeler que Dalida a vendu 120 millions de disques dans le monde. Mais très vite, l’intéressant documentaire de Mireille Dumas, diffusé hier soir sur France 3, révélait le côté sombre de cette Egyptienne d’origine italienne. Et à la question "Avait-on tout vu sur Dalida ?" la réponse était non.

Ce parcours étonnant, brossé par des proches (son frère Orlando, Line Renaud, Michel Drucker), va de son premier Olympia en 1961, au moment où un anonyme lui fait envoyer une couronne mortuaire… à son triomphe sur la scène du Canergie hall aux Etats-Unis. Une carrière faite de succès (Bambino, Gigi l’Amoroso, Paroles…) que l’on pouvait entendre.

Le plus poignant étant l’échec de sa vie privée : ses trois amours se sont suicidés, son désir de maternité jamais assouvi, sa solitude amoureuse… Finalement, le 3 mai 1987, la star a tué la femme. Dalida, l’immortelle, a eu raison de Yolanda, qui est partie en laissant ces mots : "La vie m’est insupportable, pardonnez-moi".

L.T.-G.

"Dalida, 20 ans déjà", France 3. 21.05.07