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20/07/2007

Dans les coulisses des retransmissions de France Télévisions

Le sprint derrière le petit écran

medium_f-tdf.JPGRAPPEL D'importants moyens sont mobilisés pour assurer la couverture sur le petit écran

Citadelle imprenable protégée par des remparts de semi-remorques, le village technique du Tour abrite 500 personnes qui exercent dans une centaine de corps de métier. Techniciens, assistants de production, chauffeurs, régisseurs, journalistes, consultants, cuisiniers... Ils sont les sprinters de la retransmission télé assurée pour l'Hexagone et l'Europe par France Télévisions.

Le dispositif, pharaonique, est à la hauteur de l'événement. Deux hélicoptères équipés de wescam assurent les plans aériens, cinq motos-images suivent la course au plus près du peloton et une caméra embarquée capte les réactions d'un directeur sportif. « Cette dernière apporte un peu de son et restitue l'ambiance », souligne Florent Houzot, rédacteur en chef.

À l'arrivée, onze autres caméras sont dévouées au podium et aux réactions. La SFP achemine les ondes transmises par un hélico et un avion relais. Sur les épreuves de montagne, quand un vol plus en hauteur est nécessaire, on utilise un avion pressurisé.

Au total, dix-neuf sources d'images et autant de matière première que le réalisateur Jean-Maurice Ooghe, dont c'est le 11e Tour, mélange dans son car régi. Il gère avec calme et précision les trois heures de direct quotidien et les émissions (Vélo-Club, Les marches, Stade 2 ). Rodé à l'exercice, il se connaît un talon d'Achille : « Quand la technique ne marche pas bien », quand il n'a plus les moyens « de raconter l'histoire de la course, comme ce fut le cas à Tignes ».

Les avancées technologiques et l'avènement de la Haute résolution, n'ont hélas pas fait cesser les fameux impondérables du direct. « Nous ne sommes pas dans un lieu fermé avec des caméras fixes et des fils... Le terrain de jeu est immense et la liaison passe par satellite. L'autre contrainte, c'est le ravitaillement des hélicos et des motos... ».

Cela ne vous aura pas échappé, le parcours est à présent jalonné de reportages qui éclairent notre patrimoine culturel. « La phrase va vous sembler bateau, mais le Tour de France c'est aussi le tour de la France. Alors on a repéré chaque étape au mois de janvier et filmé l'intérieur des monuments en mai. » Aux journalistes de donner du sens à ce flot d'images. Dans le car production, Gérard Holtz lance les thèmes du Vélo-club. Appliqué, il choisit jusqu'à la musique de certains reportages. C'est aussi l'heure des paris avec ses collègues Thierry Adam et Laurent Fignon, les commentateurs-marathoniens.

Le baptême du feu de "Titi" Adam, voix vedette pour la première année, a plutôt bonne presse. « Je sais que tout n'est pas parfait, que j'ai des progrès à accomplir pour faire monter la mayonnaise. J'espère un jour être aussi bon que Patrick Chêne, mon idole.

J'ai été onze ans sur une moto, alors c'est un peu frustrant d'être enfermé dans une cabine. Enfin, j'aime que rien ne soit prévu. » Autre vieux routard, le motard Philippe Dupeyrat, 14 Tour à son actif. « À la longue, on entre dans un petit monde fermé. Vous savez, on a les mêmes soucis que les coureurs, notamment le climat, alors ça rapproche. » « J'adore cette ambiance qui fait penser à une grande colo », résume Véronique, maquilleuse de plateau. Justement quand tout s'arrête ? « On ne peut pas parler de coup de blues, mais la cassure de rythme est brutale », concède Jean-Maurice Ooghe.

De Marseille, Loïc TORINO-GILLES

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3 QUESTIONS A... Daniel BILALIAN Patron du service des sports de France Télévisions « Un pan du patrimoine »

 

medium_F-bilalian.jpgLe Tour n'est pas qu'une épreuve sportive ?

Non, c'est un morceau du patrimoine Français. C'est pour cela qu'on a accentué le côté "visite de la France" et que cette année on a filmé les monuments depuis le sol. Le Tour est aussi un spectacle gratuit ! C'est le sport qui vient au public.

Les audiences se redressent. Comment s'explique l'érosion de 2006 ?

Elle n'est pas uniquement liée aux affaires de dopage. La première semaine, on a subi la concurrence de la Coupe du monde de foot ; la seconde, celle de l'"Affaire Zidane". Cette année, personne ne phagocyte la course, on est plus dans la normalité. Et il y a du suspense quant au vainqueur du Tour.

Vous regrettez la décision de la télé allemande de ne plus diffuser la course ?

C'est triste pour le cyclisme allemand. A France Télé, nous avons une position de confiance avec ASO, qui veut rendre la compétition la plus propre possible. Le renvoi des six prétendants à la victoire en 2006, en est une belle illustration.

Propos recueillis par L.T.-G.

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Rire jaune.- A Marseille, Fabien Ontoniente, qui tourne Camping tour, des saynètes diffusées après le Vélo-Club, était un peu agacé. « Dans un épisode je parle du dopage ; mes personnages - Dubosc et plusieurs acteurs de Camping - se dopent au... Ricard ! C'est plutôt drôle mais ça ne fait pas rire tout le monde ici. J'aime le Tour, mais parfois la rigidité accentue le problème... »

Langue des signes.- « Pas de grands gestes pour une fois ! » Philippe Dupeyrat, motard du Tour depuis 14 ans, s'en étonne presque. « Quand on filme en tête du peloton, il faut être au moins à 20 mètres des coureurs, car il se produit un phénomène d'aspiration. Si on ne respecte pas cette règle, les modérateurs nous le font comprendre... avec des signes », qui prennent de l'amplitude en fonction de l'énervement.

SFP en or.- Les qualités techniques de la SFP en matière de retransmissions HF (sans fil) sont reconnues dans le monde entier. La société a d'ailleurs été sélectionnée par le CIO pour assurer celle des JO de Pékin en 2008. Voila une première médaille d'Or pour la France.

 

 

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