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20/03/2009

Avec ou sans hommes : un road-movie juste et actuel

"DVD Avec ou sans hommes"

F-dvd_hommes.jpgAvec ou sans hommes est l'histoire d'une belle rencontre. D'amitiés fortes; entre Jane, chanteuse has been, noire et homo, Holly, lolita légère et enceinte, et Robin, atteinte du Sida et hantée par ses souvenirs. Un voyage à travers les États-Unis, quelques valises posées au détour du Texas, feront de cette aventure improvisée, un moment fort de vie. Perpetuellement mis en haleine durant 1h40, appuyé par une excellente bande originale (Cranberries, Carpenters, Rait...), Avec ou sans hommes, fait quelque fois penser à Telma et Louise. C'est un film lumineux et fort.

Loïc TORINO-GILLES

Publié en mars 2002 sur Amazon.fr - Cité sur Wikipedia

Muriel Robin : Au secours !

"Spectacle : Muriel Robin crie au secours !'

F-dvd_robinsecours.jpgSon retour sur scène après cinq ans d’absence a été applaudi par le "tout-Paris". Puis par les Provençaux en avril et juin dernier, lors d’un passage à guichet fermé au Dôme de Marseille. Que les amateurs se dépêchent : Muriel Robin achève son tour de France de l’humour et passe une dernière fois dans le sud avant une reprise parisienne de son dernier - et excellent - spectacle intitulé "Au secours".

Dans les méandres de la création de "Blanche neige et les sept nains", version comédie musicale, Muriel Robin en verve, exorcise les démons du passé. L’humour est précis, cinglant et appuyé par les chansons et les chorégraphies de la belle, qui affiche même ses gambettes !

Loïc TORINO-GILLES

Publié dans Kesako en 2006

Muriel Robin : toute seule comme une grande

"DVD Muriel Robin toute seule comme une grande"

F-dvd_robinzenith.jpgC'est après avoir triomphé avec ce spectacle, à Paris et en province, que Muriel Robin a surpris tout le monde en annonçant qu'elle souhaitait arrêter la scène. Une déception immense pour tous ceux qui apprécient le talent indéniable de cette force de la nature que "tout énerve". Coécrit comme à l'accoutumée avec Pierre Palmade, ce spectacle réussi est mené de main de maître par une Muriel Robin au top niveau de sa forme. Les deux heures du one-woman-show démarrent sur des chapeaux de roues ("Le testament") et s'achèvent en apothéose ("La vedette", "Tout groupé")... On rit beaucoup, notamment avec les tribulations du Roland et de la Jocelyne ("Les vacances") et lors d'une mémorable "Réunion de chantier". 

Loïc TORINO-GILLES

Publié le 17/12/2002 sur Amazon.fr

19/03/2009

C'est la crise du rire

MOSAIQUE_GUIGNOLS_20_ANS.jpgRiait-on plus hier ? Les récurrentes émissions qui compilent les images d’un glorieux passé cathodique insolent pourraient nous le faire penser. On se souvient de Thierry Le Luron célébrant à sa manière les trois premières années de pouvoir de Mitterrand, en scandant avec la voix de Bécaud L’emmerdant c’est la rose . Ou du tandem Desproges/Prévost, offrant un tour de Montcuq à des Français fidèles au Petit rapporteur.

L’irrévérence semblait omniprésente. Les médias étaient pourtant moins libres et il n’était pas rare que les directeurs de cabinet des Ministres téléphonent directement aux patrons de chaînes pour leur demander des explications. Pour autant, les humoristes ne courbaient pas l’échine. On osait.

Quelle semble morose notre petite lucarne, dans une époque où on ne peut plus vraiment railler les juifs, les noirs, les islamistes, les handicapés, les homosexuels, les sourds, les culs-de-jatte, les gras, les maigres, les roux, les dépressifs, et j'en passe...  sans qu’une association ne s’insurge et crie à l’abomination. Nos humoristes ont fini par s’autocensurer.

Sauf les indéboulonnables Guignols, qui viennent de fêter leurs 20 ans sur Canal+. Plus qu’une réussite, la consécration pour ces marionnettes de latex qui ont remisé au placard-des-ringards le Bébête show. La boîte à coucou de Johnny, Chirac en super menteur, Sarkozy en président Bling-bling, les Tiberi en Ténardier de l’Hôtel-de-Ville… Ils brocardent à l’envie les puissants, sans concession aucune.

Et en ces temps de "crise", c’est quand même bon de rire… de tout.

Loïc TORINO-GILLES

A lire aussi sur http://www.bscnews.fr

08/03/2009

Waits/Weill : de l’ombre jaillit la lumière

De "Black rider" à "Dreigrochen opera", en passant par "Lady in the dark" et "Frank’s wild years", la création Waits/Weill a rendu un hommage musical, mardi soir, au bluesman américain et au tourmenté germanique

Comme tombés du ciel, des luminaires viennent caresser de leur clarté le plateau de l’auditorium du Pharo (Marseille). Une intense lumière bleue, échappée du vaste écran qui couvre la scène, l’entoure d’une douceur irréelle. Puis la voix rocailleuse de Kris Dane, chapeau de cow-boy vissé sur la tête, fait voler en éclat cette quiétude.

Les âpretés de cette voix chaleureuse façon Luis Armstrong, viennent s’éteindre dans un mégaphone ; le son est proche des enregistrements du début du siècle dernier... Epatant. Outre Kris Dane, la soprano Judith Vindevogel interprète aussi cette fable grave qui parle "de vies boiteuses et d’amours défaites."

Bienvenue dans Waits/Weill, création contemporaine inspirée des chansons de l’Américain Tom Waits et de l’Allemand Kurt Weill. Une création de 2002 qui a fait swinguer et frissonner 750 spectateurs du Festival de Marseille ce mardi soir, dans un Palais du Pharo à l’acoustique rêvée.

Pour orchestrer le tout, l’enjouée formation bruxelloise "Ictus" a prouvé, s’il le fallait, qu’elle maîtrise à l’extrême l’art de la cacophonie organisée. Treize musiciens enjoués (clarinette, saxo, basson, tuba, claviers, accordéon, percussions...), rodés à l’exercice du "concert portrait" (l’ensemble est aussi en résidence à l’Opéra de Lille), qui ont su mettre en avant "le même génie mélodique subtilement asymétrique" que l’on retrouve chez Waits et Weill.

Le tout, appuyé par la mise en scène dynamique et audacieuse de Fabian Fiorini.

Ils avaient cent-vingt minutes pour rapprocher le blues de Waits aux chansons troubles de Weill (proche de Brecht). Ce furent cent-vingt minutes de bonheur.

Loïc TORINO-GILLES

Publié le 19 juillet 2006 dans Kesako