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18/02/2008

Ces Français qui ont résisté à Hitler

C’est en signant un documentaire dans une cité sensible de l’Oise (dans la collection Chroniques de la violence ordinaire, sur France 2), que Christophe Nick a entamé ses recherches sur la Résistance. Pour les jeunes de Creil avec lesquels il avait passé la nuit à discuter : "Dès que les Allemands débarquent, tout le monde se couche".

"En en parlant autour de moi, se désole Christophe Nick, j’ai réalisé que c’était l’héritage sur l’Occupation que nous ont légué les années 1970". Français attentistes, résistants de la dernière heure… "Ces clichés font aujourd’hui des dégâts, parce qu’ils nourrissent le sentiment que notre société n’en vaut pas la peine".

Le résultat de son travail, "sous le haut patronage de Simone Veil", précise France Télévisions, donne deux docu-fictions mêlant images d’archives et reconstitutions (dès ce soir sur France 2), et quatre documentaires pour France 5, avec l’intervention de grands historiens (dont Jean-Pierre Azéma, Pierre Laborie, Jacques Sémelin…).

Ce soir, le premier volet s’attache à l’apparition progressive de la Résistance. Le second (à voir demain), met en lumière les agissements d’associations caritatives (regroupées à Nîmes), qui se réunissent à partir de novembre 1940 pour venir en aide à la population juive.

La force de ce travail est son regard inédit : le héros est le mouvement lui même.

L.T.-G.

"La Résistance" ce soir et demain sur France 2 (20 h 50).

A lire le n° 37 du magazine "Les collections de l’histoire", consacré à ceux qui ont résisté à Hitler (6,80 €).

15/02/2008

Ouverture

Tolérance et ouverture. Telle est la réussite de la longévité des couples mixtes ; environ 1 mariage sur 6 en France. C’est en tout cas ce qui ressort du documentaire proposé ce soir : entretiens croisés avec quatre couples et questions posées sur la double appartenance, la double culture, la double religion ou la transmission.

Le cas de Mariama et Dominique interpelle. Mariés depuis trente ans, ils ont élevé dans "la double foi" leur fils Ibrahima. S’il porte un prénom musulman, cet ingénieur (qui, pour la petite anecdote, a épousé une juive), a choisi d’être… chrétien. Pourtant sa maman regrette de lui avoir donné un "prénom discriminatoire". Car Ibrahima, un "Bac + 7" en poche, est au chômage. Il espère décrocher depuis 4 ans son premier emploi ! Fait presque ordinaire d’une vie qui l’est un peu moins…

Le couple mixte permet en tout cas d’analyser les facteurs d’intégration ou de désintégration à notre société. Il est ce lieu dans lequel il est indispensable d’"apprivoiser les cultures et les religions". De s’ouvrir.

L.T.-G.

"Couple mixte", France 3. 23 h 25

11/02/2008

Trésors

Cette télévision-là est le témoin d’une époque légère et insouciante. Quand les vedettes se pressaient chez les Carpentier pour écorner leur image avec allégresse. Pour se grimer, se déguiser, se travestir...

Comme cette scène où Charles Aznavour reproche à Michel Serrault de "se laisser aller". Ou ce remake de la cigale et la fourmi, assuré par les insectes Carlos et Sylvie Vartan. Comme Jacqueline Maillan, surprenante en geisha. Ou Thierry Le Luron, enrubanné sous les traits de Ramsès II, qui imite Dalida. Plus insolite, Sacha Distel, presque sexy en "bonne du curé. Méconnaissable sans banane, Dick Rivers, chantant de bon cœur "Dominique, nique, nique…".

Que reste-t-il aujourd’hui ? Des stars sans âme, verrouillées par leurs attachées de presse, qui ne passent à la télé que pour faire leur promo. Il y a bien eu le tandem De Caunes-Garcia dans les années 90. On peut aussi trouver, à la même époque, une chorégraphie de Christophe Dechavane sur Thriller, de Mickaël Jackson.

A présent, la seule fantaisie vient de Jean-Jacques Goldman qui adore transformer ses "Enfoirés" (Cabrel en Peter Pan quand même). Et Cauet, qui se met en scène régulièrement...

Merci à France 3 qui ouvre sa malle aux déguisements et nous offre des trésors aussi rares que précieux.

L.T.-G.

"Quand la télé se déguise", France 3, 20 h 50

07/02/2008

Bons maux de scénaristes

En grève depuis trois mois, les 12 000 scénaristes et auteurs de séries à succès continuent de paralyser les grands studios américains. Canal+ s'invite dans le conflit au cours d'une enquête conduite derrière le glamour des décors, à la rencontre de stars de scénarii mais aussi de jeunes auteurs, ceux qui ont le plus à perdre dans le conflit. Techniciens, coiffeurs, maquilleurs… On estime à 35 000, les personnes affectées par la grève. Des dizaines de feuilletons, de films et de talk show sont actuellement gelées. Mais après des semaines de mutisme, des discussions jugées encourageantes avec les dirigeants des Majors ont été menées le week-end dernier. Hollywood qui respecte ses petites mains : le scénario idéal.

L.T.-G.

"Jeudi investigation : Desperate Hollywood", Canal+. 22 h 45

01/02/2008

La banane

"A l'école on m'appelle la banane : jaune à l'extérieur et blanc à l'intérieur". Nicolas est un enfant de l'immigration chinoise, dont la communauté s'est accrue de manière accélérée en France depuis les années quatre-vingt. Avec Céline, Oliver, Dong et les autres, il est suivi par la caméra de Cheng Xiao Xing le temps d'une colonie de vacances à Beijing.

Une première pour ces adolescents à la recherche de leurs racines. L'occasion pour eux d'apprendre à lire et à écrire le mandarin, "pour faire plaisir aux parents". Ce moment est aussi propice aux confidences. On songe à un avenir détaché de l'autorité parentale; celle qui choisit à ses filles un métier et un mari Chinois, quand celles-ci rêvent de beaux Italiens.

Ce documentaire est réalisé à l'été 2006, un peu après la finale de la Coupe du monde de football. Il est savoureux, à l'image de cette phrase de Dong : "Depuis le coup de boule de Zidane, je ne mange plus italien. Fini les pizzas".

L.T.-G.

"Enfants bananes", France 3. 23 h 25

29/01/2008

Images

Chaque jour dans Midi Libre et dans la quasi-totalité des journaux en France et dans le Monde, l'Agence France Presse fournit un millier d'images réalisées par ses 270 photographes. Mais que se cache-t-il derrière ces clichés figés ?

France 5 nous embarque en reportage avec 5 photographes de l'AFP, qu'une équipe d'Actual prod a suivi pendant plusieurs mois. De la campagne présidentielle au Festival de Cannes, en passant par le conflit des dockers sur le port de Marseille, ces reporters tout terrain (ils couvrent les grands conflits, le sport, la mode, la politique…), livrent leurs impressions et leurs analyses, et notamment le fait que la photo ne reflète pas toujours les conditions dans lesquelles elle a été prise.

Ils expliquent encore comment ils luttent contre les petites manipulations du monde de la communication, du show-biz et de la politique pour réaliser l'image que les autres n'auront pas. Passionnant. Suite le 5 février.

L.T.-G.

"AFP, profession photographe 1/2", France 5. 21 h 45

27/01/2008

L’ami Chirac

Paisiblement installé derrière son bureau, l’ancien président reçoit Catherine Ceylac pour parler de son amitié avec Jean-Louis Debré. Oublié le faste de l’Élysée, point de dorures : le parquet est recouvert d’un grand tapis clair, le mobilier, cosy, est noir, les murs sobrement blancs. Costume gris, chemise à rayures azur, verbe précis… Chirac ne tarit pas d’éloges sur "ce fils de" qui s’est forgé un prénom grâce à "une forte personnalité".

Bien sûr, Debré a été "un excellent parlementaire, un excellent ministre et un excellent président du parlement". C’est aussi "le contraire de l’égocentrisme". Mais l’homme a une autre qualité : dans son frigo, il y a toujours la bière préférée de l’ex-pensionnaire de l’Élysée. Pas étonnant avec tout cela, qu’en 1994, Chirac lui ait avoué : "Je te considère comme mon fils".

Invité de l’émission dominicale Thé ou café, M. Debré viendra présenter son roman Quand les brochets font courir les carpes (Plon). Polar que l’ami Chirac a eu le temps d’apprécier, depuis sa retraite.

Loïc TORINO-GILLES

"Thé ou café", France 2. 7 h

24/01/2008

11-Septembre

Les discours de Hambourg sont présentés comme une fiction. Il s'agit pourtant d'un documentaire inspiré des "leçons" de l'imam Mohammed Farazi, assénées dans une Mosquée de Hambourg. Ce religieux intégriste aurait éveillé les "vocations" de trois terroristes impliqués dans les attentats du 11-Septembre. Le lien a été établi quelques années après le drame qui a bouleversé les Etats-Unis.

Les prêches, qui étaient enregistrés à l'époque, ont été traduits par le réalisateur Romuald Karmakar. Ils se présentent à présent sous la forme d'une lecture, extrêmement lente (le tout dure quand même 2 h 15), que le ton très neutre du comédien Manfred Zapatka rend soporifiques.

Il faut attendre plus de la moitié du programme pour que les phrases les plus cinglantes arrivent jusqu'à nos oreilles. Jamais poursuivi en Allemagne, l'imam a finalement été condamné au Maroc à 30 ans de prison pour son incidence dans les attentats de Casablanca en 2003.

L.T.-G.

"Les discours de Hambourg", Arte. 21 h

23/01/2008

Rentabilité

Béziers, Bédarieux, Marvejols, Millau, Neussargues, Clermont-Ferrand, Paris… C'est l'histoire d'un train, l'Aubrac express, voué à disparaître. Une ligne qui répond pourtant à la notion de service rendu aux usagers. Mais avec l'ouverture totale du marché ferroviaire en 2009 (voulue par l'Europe), la SNCF abandonne cette notion au profit d'une autre : la rentabilité.

A la veille de l'appel national à la grève des services publics, la chaîne Planète consacre sa soirée à EDF, à La Poste et à la SNCF. Dans ce premier reportage, tourné en 2006, le constat y est alarmant : lignes à l'abandon, manque de moyens, concurrence de l'autoroute A75… Depuis, le train a déraillé entre Neussargues et Saint-Flour, avant d'être interrompu (provisoirement) entre Neussargues et Saint-Chély d'Apcher. Il devrait être remplacé cette année par un Corail Téoz entre Paris et Clermont-Ferrand. Cheminots et usagers ont des raisons d'être inquiets.

Les trois sujets sont passionnants.

L.T.-G.

"Soirée service public", Planète. 20 h 45

21/01/2008

Jeune mère à la dérive cherche issue

Il n’est pas facile ce documentaire. Mais il mérite d’être vu, car il présente des situations malheureusement habituelles, qu’on aurait pourtant tendance à occulter. Celles de jeunes filles qui ont entre 18 et 24 ans, sans travail, sans famille, sans conjoint, mais déjà avec un enfant. Elles seraient 1 million dans ce cas en France. Démissionnaires ou brutales, vivant dans la précarité la plus totale, celles de ce reportage se prénomment Noémie, Séverine et Aurélie.

Les caméras les ont suivies pendant neuf mois. Neuf mois au cours desquels elles doivent surtout apprendre la tendresse, "construire un lien qu’elles n’ont pas eu", explique une psychologue. "Je ne veux pas qu’elle sente que je la rejette, comme ma mère m’a rejetée", explique Séverine. Cette célibataire de 24 ans a déjà perdu la garde de Manon, petite poupée de 5 ans. De nouveau enceinte, et toujours sans compagnon, elle décide d’aller la voir, après 14 mois d’absence. Une visite chargée en émotion qui se révélera être une dure épreuve.

Aurélie n’a que 19 ans. Elle a atterri en urgence dans un centre maternel après avoir vécu dans la rue avec Fanny, sa fille d’un an et demi. Elle tente chaque jour de devenir responsable. Ce n’est pas gagné : être mère 24 h / 24, c’est sans relais, sans répits.

Plus tard, c’est Sophie qui témoigne. Elle a tué son enfant de 4 mois sans s’en rendre compte, en le secouant. Jugée et condamnée, elle essaie à présent de reconstruire une vie qui ne l’a pas épargnée.

L.T.-G.

"Jeunes, seules sans travail et déjà mères", France 3. 20 h 50