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10/03/2007

Vers d’exil

Dommage que ce reportage soit si lent. Dans la thema proposée hier soir sur Arte, Entre exil et résistance, Jérôme Prieur s’est intéressé au poète René Char, héros de la Résistance provençale. Sur le parcours discret de cet homme de lettres, ami des surréalistes, qui délaissa l’écriture pour le dessein. Un grand : sauver sa patrie.

Maquisard dès 1941, il devint capitaine Alexandre, chargé de réceptionner les parachutages des alliés. Paradoxe, au moment où « les yeux seuls sont encore capables de pousser un cri », en référence aux déportés du Camp des Milles, dans une tuilerie près d’Aix-en- Provence, il refuse d’être publié. Un secret irrévocable « aussi longtemps que ne se sera pas produit quelque chose qui retournera entièrement l’innommable situation dans laquelle nous sommes plongés. »

Ce parcours de vie est illustré par de nombreux documents d’archives. Plus curieux, les reconstitutions filmées par son groupe de résistants (avec la petite fille délivrant : « La bibliothèque est en feu », message clandestin qui deviendra un titre de poème). Sa poésie est également présente, lue par René Char lui-même.

L.T.-G.

Arte "René Char, nom de guerre Alexandre", 9.3.7

06/03/2007

Big Brother

Horreur ! Pour notre boss, nous sommes des Steevy et des Loana. Des rats de laboratoire épiés et filmés en permanence. Fini la glandouille sur le net, les échanges de mails, les pauses qui s'étirent. Les patrons contrôlent tout. C'est ce que révélait Capital, dimanche soir, sur M6. Pour nous surveiller, tous les moyens, même illégaux, sont bons. Quand le flicage informatique et la délation ne suffisent plus, certains chefs d'entreprise ont recours aux services d'un détective privé. Un transporteur a fait les frais de cette méthode. Il a été surpris en train de barboter à la piscine municipale, au lieu d'effectuer sa tournée. A l'instar de Loana et Jean-Edouard, qui connurent leur quart d'heure de gloire dans une piscine (Loft Story 1, en 2000), cet employé était la vedette de l'enquête. Son patron, pas content du tout, songeait sérieusement à le licencier. S'il avait vu le reportage suivant, notre livreur serait parti en Inde. Là-bas, à Bangalore, il y a une piscine d'entreprise et ce sont les employés qui notent les patrons.

L.T.-G

M6 "Capital", dimanche 4 mars 2007

28/02/2007

En prison

Quand elle n'est pas en prison, Françoise-Léa Cramier passe dix heures dans son bureau situé dans les anciennes geôles du tribunal d'instance d'Auxerre. Un comble pour ce juge de l'application des peines, dont la mission première est « d'ouvrir une porte vers la sortie ».  

Libération conditionnelle, validation de parcours de réinsertion... A juste 28 ans, la présidente Cramier, dont c'est le premier poste, prend le « risque de la récidive », affronte l'opinion et sait que tôt ou tard elle se trompera. Comme toute une génération de nouveaux magistrats, elle vit avec le poids d'Outreau. « Au début, je rêvais des situations tant j'avais peur de faire des erreurs ». Des perles de temps se sont écoulées de la clepsydre, mais le "Jap" peine « à trouver la distance nécessaire », quand les condamnés ont le même âge qu'elle.

« Les gens nous voient en terme de pouvoir, pas nous. Nous sommes au service des citoyens ». Le deuxième épisode du triptyque Nos juges, ce soir à 22 h 55 sur France 2, viendra rassurer les deux Français sur trois qui disent ne pas avoir confiance en la justice.

L.T.-G.

France 2 - "Nos juges" - 1er mars 2007 (22h55)

25/02/2007

Le Chinois

Qui est Jean-Claude Bonnal ? Ce braqueur petit bras, « teigne à la gâchette facile » que les policiers surnomment "le Chinois". Christophe Hondelatte lui consacrait hier un Faites entrer l'accusé inédit sur France 2. En novembre 1998, lors de l'attaque d'un bureau de change à Paris, un ancien garde du corps prend les voyous en chasse Le courageux se prend une balle en pleine tête mais échappe miraculeusement à la mort. Son témoignage va permettre l'arrestation du Chinois et de son complice.
Pourtant, fin 2000, après plusieurs mois de détention provisoire, les deux hommes sont libérés. Dix mois plus tard, le braquage d'un bar-tabac d'Athis-Mons tourne au carnage : 4 morts pour 1000 € de butin. Seule rescapée, une fillette de 9 ans livre un témoignage capital. Deux semaines plus tard, un cambriolage échoue au Plessis-Trévise : deux policiers sont tués. Ces faits portent la signature du Chinois. Mais pourquoi a-t-il été libéré ?
En pleine campagne présidentielle, Jospin fustigera, à raison, « une dramatique erreur d'appréciation ».

L.T.-G.

France 2 "Faites entrer l'accusé : le Chinois" - 25 02 07

14/02/2007

Homo-gène

L'homosexualité est-elle innée ou acquise ? Arte posait la question mardi soir, dans une Thema consacrée aux différences. Dans le premier reportage, Je suis homo et alors, la chaîne rouvrait un très vieux débat avec la science : est-on gay depuis la naissance ou le devient-on ? Quelle est la part de génétique ou de relationnel ? Comprendre : l'homosexualité est-elle vécue ou subie ? Témoignage de Skander. Pour lui, embrasser une fille, c'est comme embrasser un poisson. A l'école ? Il n'avait que des copines. Son papa ? Pas souvent là. Sa maman ? Possessive. C'est donc ça.
Sauf que son ami, tout aussi gay, était bagarreur. « Fallait pas lui chercher des noises », souffle sa maman, pas très présente pendant l'enfance. A l'inverse de son mari, dont les enfants étaient proches.
Ce n'est pas avec Isabelle, une lesbienne dont la fille est homosexuelle et le demi-frère gay, qu'on trouvera une explication universelle.
Le reportage rappelait au passage les terribles dérives engendrées par cette quête : la castration des "triangle rose" par les nazis ; les trépanations dans la France des années cinquante...
D'où la légitimité de savoir si les gènes ont quelque chose à voir à tout ça. Surtout quand certains considèrent l'homosexualité comme « une menace pour la société ». La vraie question reste celle de l'égalité des droits. Dont celui de s'aimer librement.

L.T.-G.

Arte "Homo est alors ?" - 14 02 2007

13/02/2007

Oh Bonne Mère !

La cité phocéenne avait un air de Chicago, dimanche soir sur M6. Dans le Zone interdite consacré au vol de voiture avec violence - car-jacking -, il ne faisait pas bon circuler dans les rues de Marseille. La violence pouvait surgir au coin de chaque ruelle chère à Marius.
Bien sûr, les faits, odieux, existent. Et ce pauvre papi de 72 ans, roué de coups à deux reprises en six mois d'intervalle, ne pouvait masquer cette triste réalité.
Des ecchymoses plein les yeux, le pépé qui venait de se faire voler sa deuxième voiture, apprenait par la même, que son assureur ne voulait plus de lui.
La France a peur. Cette histoire n'est pas sans rappeler le fait divers survenu à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle de 2002 : l'attaque gratuite, impardonnable, d'un pauvre octogénaire à qui on avait brûlé la maison. Sans raison. A l'aube du changement de locataire de l'Élysée, il serait dommage de repartir dans une croisade sécuritaire.
Sur le Vieux-Port, on dit qu'avec de telles images, la Bonne Mère, du haut de sa colline du Roucas Blanc, s'est caché les yeux pour ne pas voir cette misère. Pas que les Marseillais qui « ezagèrent ».
Ma parole, ils sont tous devenus fadas !

L.T.-G.

M6 "Zone interdite" - 13 02 2007

12/02/2007

Allez, au revoir...

Excédées par les coups de griffes des animateurs de talk-show, nos stars nationales se rebellent.
Parmi les coups d'éclats les plus cassants, on se souvient des départs de Bernard Tapie, Muriel Robin ou Bernard Kouchner, pris à partie chez Laurent Ruquier (France 2) par Eric Zemmour et Michel Polac, les nouveaux Père Fouettard du PAF. Fort du même accueil, sortie la semaine dernière, toujours dans On est pas couché, du rappeur Doc Gynéco, venu vendre le livre où il parle de son amitié avec Sarkozy.
Mardi soir, las d'attendre dans leurs loges, Mireille Darc et Alain Delon filaient à l'anglaise, alors que Marc-Olivier Fogiel annonçait leur venue depuis le début de T'empêches tout le monde de dormir (M6). Enfin, ce samedi soir, c'est Mathilde Seigner qui plantait en plein milieu l'émission Salut les terriens, de Thierry Ardisson (C +). L'actrice avouait ne plus accepter les règles du jeu. Pétage de plombs ? Pas sûr, car c'est la promo qui saute.
Nos étoiles filent dans le ciel cathodique. Mais sont-ce vraiment des caprices ?

L.T.-G.

France 2 "On est pas couché" - Canal + "Salut les terriens" - M6 "T'empêches tout le monde de dormir" -12 02 2007 -

06/02/2007

Nouveaux pauvres

Daniel loue un garage, 291 € par mois. Il partage ce box précaire sans point d'eau, avec sa compagne, une eurasienne qui l'aide "à tenir". Avec 610 € de revenus mensuels, impossible de trouver un vrai toit.
Jean-Pierre est cantonnier à la Ville de Paris depuis trente ans. Chaque jour, il arpente les trottoirs de la capitale pour un nettoyage en règle et le soir... il dort sur ces mêmes pavés. Son Smic ne lui permet pas d'accéder à un logement privatif. Il a bien déposé une demande de logement social, mais la liste d'attente est longue. Que voulez-vous, c'est la crise de l'immobilier ! A l'heure ou un Français sur deux estime pouvoir se retrouver à la rue, "Les nouveaux misérables", documentaire diffusé dimanche soir sur France 5, confortait cette crainte. Point d'alcooliques et de marginaux dans ce reportage mais des sans-abri qui essayaient de garder un pied dans la société.

Au comptoir d'un bistroquet parisien, Mabrok, tout sourire, est apprécié de tous. « Il est serviable, lance une dame proprette. Le week-end dernier, il m'a aidé à déménager ». Brusque changement de ton quand la journaliste lui apprend que son charmant serviteur vit dans la rue. Pudique, ce dernier préfère rester discret. Puis il y a ce réveil brutal, quai d'Austerlitz, par des policiers venus en nombre déloger sans ménagement une poignée de sans-logis qui avait planté des tentes. Pour les réinstaller... 100 mètres plus loin. A l'abri des regards.

Clou de la visite, "Le mouroir de Nanterre", comme le nomme Jean-Philippe. Un foyer de SDF, cour des Miracles d'un autre temps, à l'hygiène putride, dans lequel les esprits s'échauffent. Il n'y avait pas de solution dans ce documentaire, juste des témoignages francs d'hommes qui ont perdu travail, famille, maison. Tout. Sauf leur dignité.

L.T.-G.

Documentaire - France 5 - 06 02 2007
"Les nouveaux misérables"