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11/12/2007

Funès conté

Pour beaucoup, de Funès était un pitre. Un petit bonhomme grimacier aux allures de "Français moyen", qui jouait comme personne les arrogants et les cupides. Un personnage monocorde, pourrait-on alors penser. Hier soir, France 3 infirmait cette hypothèse et nous rappelait que nous avons tous grandi avec ce Glaude saoulé de Soupe aux choux,et que ce gendarme Cruchot a répandu le rire bien plus loin que Saint-Tropez. Avant d'impressionner la pellicule, l'homme fit du théâtre.

Il rencontra 2 000 fois son public pour un délicieux Oscar, dont il signa plus tard le scénario pour l'adaptation au cinéma. Sa reconnaissance tardive, vers 50 ans, fut finalement révélatrice de tout son talent. A l'instar de Chaplin qui accoucha d'un Charlot, de Funès inventa ce personnage hystérique irremplaçable aujourd'hui.

Comme souvent, les comiques, bourreaux de travail, sont sérieux et finalement pas très drôles dans leur vie quotidienne. De Funès était une légende. France 3 l'a brillamment conté.

L.T.-G.

"On a tous grandi avec Louis de Funès", F3. Hier

08/12/2007

Belles de jour et rats des Champs

Les semaines se suivent et ne se ressemblent heureusement pas. Après le très mauvais Enquête exclusive sur Marseille dimanche dernier, la Six s'attarde cette fois sur les coulisses des Champs-Élysées. Perçant ainsi les secrets qui jalonnent les 2,5 km de la plus belle avenue du monde, ses forces de polices nombreuses, sa petite centaine d'habitants, ses 900 millions d'euros de chiffre d'affaires, son SDF "intégré", ses bistrots dont certaines cuisines accueillent des rats, et… sa prostitution sélective et sans tapinage. Le tout est plutôt intéressant, même si le ton racoleur façon Le droit de savoir agace.

L.T.-G.

"Enquête exclusive", M6. Demain à 22 h 50

04/12/2007

Des Racines, des Ailes et dix ans de culture

Panorama de Marseille à travers les yeux de la vierge de Notre Dame de la Garde, velours carmin des fauteuils de la salle Richelieu à la Comédie Française, verrière fraîchement restaurée du Grand Palais… Dix ans que des Racines & des Ailes ouvrent les portes dérobées pour "rendre la beauté accessible".

Pour célébrer cet anniversaire, l'équipe accueillait en octobre un parterre d'invités dans la Cité du patrimoine, tout juste inaugurée au Palais de Chaillot, à Paris. Midi Libre y était. Une soirée conduite par Patrick de Carolis, président de France Télévisions, mais surtout présentateur emblématique qui, le 26 novembre 1997, prit le pari fou de mettre la culture en prime time. Audace payante, synonyme aujourd’hui de prestigieuse carte de visite pour France 3 qui a mis à l'antenne 124 émissions (19 à l'étranger), toutes "construites autour d'un lieu".

Ce soir, Louis Laforge pénètre dans la Cité interdite, à Pékin. Une première mondiale ! Et à numéro exceptionnel, moyens colossaux : 9 caméras, 5 000 mètres de câbles, 400 projecteurs, 10 tonnes de matériel, 2 groupes électrogènes, 1 système de traduction simultanée… Parmi les quatre reportages consacrés à la Chine impériale, on s'élancera sur les traces de Confucius et on jettera un regard sur la préparation des JO.

Et demain ? Installer le plateau de l'émission dans la Galerie des glaces, ou comment éviter les reflets de caméra dans les miroirs. Un vrai casse-tête. Mais à l'écran, comme ce soir, la magie sera parfaite.

Loïc TORINO-GILLES

"Des Racines & des Ailes", spéciale Chine. Ce soir, 20 h 50 sur France 3.

Tous vieux

Qu’allons-nous faire de nos parents ? Laëtitia Moreau pose cette question abrupte. Angoissante. Mais qui mérite qu’on s’y attarde. Pensez : en 2050, un quart de la population aura plus de 65 ans ! La réalisatrice tente de savoir ce qu’il existe entre l’image du senior à l’illusoire jeunesse, et le grabataire qui s’éteint dans un mouroir.

Son regard, jamais inquisiteur, pointe d’abord sur le carré des indigents, là où des "victimes sans visage" de la canicule de 2003 reposent "avec pour seule épitaphe les commentaires de JT". Tout est contraste dans une "société qui pense qu’on ne peut vieillir que mal". Contraste saisissant même, entre des maisons de retraite idéales au loyer mensuel de 3 000 €, et des établissements glauques où la maltraitance "passive" est légion. Maintien à domicile ou abandon ?

Et si ce n’était pas qu’un problème d’argent. "Il a fallu le XXe siècle pour comprendre l’enfance et l’adolescence", il en faudra tout autant pour comprendre la vieillesse, qui n’est pas une maladie. Ce documentaire est remarquable.

L.T.-G.

"Qu’allons-nous faire de nos parents", C +. 20 h 50

03/12/2007

Fadoli !

Exemple probant d'un reportage qui ne sert à rien, sauf à véhiculer poncifs et clichés. Ou comment survoler, en 52 minutes, ce qui, déjà, est une mission impossible, la plus vieille cité de France. Surtout lorsque l'on prétend aborder politique, cadre de vie et moeurs...

Marseille, vous l'aviez reconnue, serait donc peuplée par des habitants peu civilisés et sales, son centre-ville, d'une extrême violence, serait le théâtre de trafics insolubles, ses politiques, aux prises avec des organisations syndicales violentes, seraient impuissants.

Sans oublier sa mafia aux règlements de compte sanglants. Bien sûr, il y a quand même la mer, le soleil, et un flic du Nord, muté il y a huit ans, qui se dit "en vacances" dans une ville qui est un trésor gâché... par les Marseillais.

Rien, vraiment, n'est épargné dans cette Plongée au coeur de Marseille d'une médiocrité accablante. Fadoli, comme on dit là bas : pauvres fous ! Fous de proposer de telles inepties.

L.T.-G.

"Enquête exclusive", M6. Hier

01/12/2007

Discorama

Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. La télé, en ce temps-là, était en noir et blanc. La "zapette" n'existait pas et dans l'écran, qui n'avait rien de plat, on recevait la RTF. Chaque dimanche, quand débutaient les notes de J'ai du bon tabac, les familles françaises se réunissaient pour suivre Discorama.

France 3 rend hommage ce soir à Denise Glaser, première animatrice et productrice d'une émission qui resta 15 ans à l'antenne et traversa deux septennats. Discorama, ou le choix de l'intimité : deux tabourets et quelque fois un piano, pour recueillir des confidences d'artistes (souvent jeunes) et écouter des silences qui en disaient plus long que la "promo" d'aujourd'hui.

Grisée par le succès, Denise Glaser fut remerciée en 74 avec l'arrivée au pouvoir de Giscard, car trop ancrée à gauche. Ce bout de femme qui ne vivait que pour son émission et hantait les cabarets parisiens (L'Ecluse), mourut dans la solitude et dans la pauvreté un soir de 1983. Laissant 300 heures de programmes inoubliables.

L.T.-G.

"Discorama, signé Glaser", France 3. 23 h

29/11/2007

Étincelant

France 5 vous invite ce soir à pénétrer dans le Grand appartement du Roi Soleil, au temps où Versailles était meublé d'argent. Coulisses admirables de l'exposition événementielle du moment, à voir jusqu'au 9 mars ; ou comment une équipe de passionnés, parmi lesquels le décorateur Jacques Garcia et la conservatrice Béatrix Saule, a réussi à rendre le lustre du règne de Louis XIV.

C'est en 1682 que son Grand appartement fut dévolu à l'usage exclusif de la cour. Le décorateur Charles le Brun fit fabriquer des pièces en argent massif aussi somptueuses que gigantesques. Jusqu'au drame de 1689, quand le roi envoya à la fonte ces trésors de l'orfèvrerie française pour financer un conflit. Le Brun ne s'en remettra jamais.

Résurrection aujourd'hui grâce aux tableaux qui témoignent de cette grandeur. Près de 200 pièces d'exceptions, venant de toute l'Europe, ont été prêtées par la reine d'Angleterre, la reine du Danemark ou les conservateurs du Kremlin. Le résultat, époustouflant, est étincelant.

L.T.-G.

"Une nuit au musée", France 5. 20 h 40

28/11/2007

Barbares

Geneviève Tujague a beaucoup de courage. Le courage de raconter comment sa vie a été salie, il y a 20 ans, par un couple d'une perversité extrême. Entre décembre 1985 et février 1986, Jocelyne Bourdin et Marc Fasquel ont agressé sexuellement 7 femmes, puis tués 2 fois.

Geneviève est leur dernière proie. Elle est revenue sur sa nuit et sa matinée d'angoisse dans l'émission Faites entrer l'accusé. Elle a ainsi levé un coin de voile sur le mode opératoire de ce couple très complice qui enlevait, torturait, humiliait, violait et volait ses victimes.

Geneviève a eu la vie sauve. Elle se souvient de ce dénouement étrange : "La femme (Jocelyne) m'a embrassé puis s'est excusée. Ensuite ils m'ont acheté un billet de train". Marc Fasquel sera abattu lors d'une traque qui mobilisa près de 1000 policiers et gendarmes, emportant avec lui les raisons de sa barbarie. Son épouse, condamnée à 20 ans de réclusion en 1989, n'émettra pas de remords.

L.T.-G.

"Faites entrer l'accusé", France 2. Hier

24/11/2007

L'héritage des Romanov

Voilà comment on aime Stéphane Bern. Quand sa complaisance cesse de dégouliner, qu'il abandonne son côté gendre-idéal-très-vieille-France. Sans fard, il est parfait. Parfait en prof d'histoire qui retrace le destin de la dynastie des Romanov.

Celle qui a régné sans partage sur la Russie de 1613 à 1917. Jusqu'à la révolution des Bolcheviks et le massacre, en juillet 1918, du dernier empereur le Tsar Nicolas II, de sa famille et de ses serviteurs. Sans omettre ce revirement survenu huit décennies plus tard : quand le président Eltsine organise des funérailles grandioses à Saint-Pétersbourg. La famille vit depuis éparpillée aux quatre coins de la planète. Rencontre avec Maria Vladimirovna, grande duchesse de Russie, avec le prince Nicolas Romanov et le prince Rostislav, un des jeunes héritiers.

A travers leurs témoignages, on reconstitue le puzzle de cette famille, des lustres au déclin. Avec les analyses savantes d'Hélène Carrère d'Encausse et du prince Michel de Grèce, deux historiens de la Russie. C'est passionnant.

L.T.-G.

"Un nom en héritage", France 3. 22 h 55

23/11/2007

La mort du militantisme gay ?

Où en est-on de l'homosexualité ? Réponse au fil de cette intéressante Nuit gay Et si les années 2000 marquaient la "normalisation" de l'homosexualité ? Cette douzième Nuit gay, que propose Canal + en partenariat avec le Festival de films gays et lesbiens de Paris, abonde dans ce sens, scandant même la « fin des étiquettes ».

Révolution en 1970, libération dans les années 80, revendication en 90 et après ? L'intéressant documentaire de Jean-Baptiste Erreca (Gay, et après ?), brosse, en préambule, 40 ans de luttes pour les droits des homos, de Paris à Berlin, en passant par Cuba, New York, Madrid et la Chine. Alors que l'égalité et le droit à la différence semblent être acquis, où en sommes-nous de la révolution rose ? Au moment où 83 % des Français se déclarent favorables au mariage homosexuel, « nous sommes arrivés à une période post-gay, explique le réalisateur. La normalité à tout prix n'est plus un but en soi, les ghettos n'ont plus leur place ». Sauf qu'à vouloir ressembler à monsieur et madame Tout-le-monde, il y a aussi le risque de perdre « une identité », craignent certains.

Dans un tout autre registre, crainte et terreur de fiction... Qui donc collectionne les têtes sanguinolentes de torrides gays ? Un tueur en série s'invite dans une grande fête de Halloween à West Hollywood. Cela donne Hellbent (0 h 10), film d'épouvante plutôt bien ficelé, réalisé par Paul Etheredge-Ouzts.

On s'amuse ensuite d'une Pleine lune chez les geishattes, fable de pâte à modeler japonisante et érotique. Et, pour finir, un petit quart d'heure très coquin compilé par Alain Burosse (Post X à 1 h 40), se questionnant sur l'avenir du porno gay. Piquant.

L.T.-G.

Avis aux internautes, soirée dans la discothèque de la Nuit gay sur "Second life".

"Nuit gay", Canal +. 22 h 30