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22/11/2007

Folie

Aimante et insouciante, Sylvie joue à la marelle dans la cour de l'école de ses enfants. Son regard, resté coincé dans l'enfance, est aussi touchant que sa naïveté lorsqu'elle rencontre, près de Calais, Jallal, un réfugié iranien qui se cherche un avenir meilleur. Entre silence et pudeur, les deux personnages vont unir leur solitude et tisser une amitié sans équivoque.

Il n’est pas étonnant qu'Isabelle Carré, épatante dans ce rôle, ait reçu un prix d'interprétation et que Maman est folle, puisque c'est de ce téléfilm dont il s'agit, ait raflé quatre récompenses au Festival de la fiction TV de La Rochelle.

Comme dans C'est la vie, où des aides soignantes et des malades donnaient la réplique à Jacques Dutronc et Sandrine Bonnaire, Jean-Pierre Ameris a tissé une relation de confiance avec les bénévoles et les 150 réfugiés (depuis régularisés), qui jouent dans cette fiction poétique qui dénonce surtout la folie des hommes.

L.T.-G.

"Maman est folle", France 3, 20 h 55

15/11/2007

Noces attendues

L’idée de ce téléfilm qui, comme son nom l’indique, est d’organiser un mariage surprise, était plutôt originale. Le casting, mettant en scène l’impertinente Axelle Laffont face à un cynique Serge Hazanavicius, assez séduisant. Les seconds rôles, dont Mademoiselle Agnès (la Madame mode de Canal en copine dévouée), et Lionnel Astier (beau-père du roi Arthur dans Kaamelott en décorateur farfelu), tout aussi charmants.

Le hic, c’est que la noce censée nous étonner était un peu trop attendue. Forcés d’organiser ensemble la cérémonie de leurs meilleurs amis, les personnages principaux se détestent copieusement. Surtout depuis qu’ils ont passé une nuit alcoolisée et sexuelle dans le même lit. Mais au fil du scénario, ils vont devenir copains comme cochons, et même, on vous le donne en mille, finir par se marier !

Il y avait certes de bonnes répliques ("C’est une soirée mecs relous -lourds-, t’as bien fait de venir"), mais on sort de ce mariage un peu déçu et assommé par une bande son omniprésente.

L.T.-G.

"Mariage surprise", M6. Hier

10/11/2007

Destructrice

Le téléfilm proposé ce soir sur France 3 rappelle un fait divers qui a fait grand bruit à Montpellier, au milieu des années 1990. L’histoire d’une passion meurtrière entre un médecin légiste plutôt médiatique et un gendarme marié. Si notre intrigue a été transposée à Lyon et que notre gendarme est devenu commandant de police, on reconnaît, dans Autopsy, cette affaire retentissante.
La vie d’Eric bascule le jour où il rencontre Emmanuel, médecin séduisant qui procède à l’autopsie d’un quinquagénaire lardé de coups de couteaux. Cet assassinat sauvage va conduire notre policier, déjà troublé par le légiste, dans une descente aux enfers dans le milieu homo. Peu à peu va naître entre les deux hommes (Stéphane Freiss et Thierry Neuvic), une liaison qui se révélera destructrice. Plutôt bien jouée, cette "fiction" regorge hélas de gros clichés, comme cette incartade dans un bar gay sordide où le serveur est une folle et où on tombe nez à nez avec un vieux travesti. Les rebondissements, nombreux pour qui ne connaît pas l’histoire, sauvent le tout.

L.T.-G.

"Autopsy", France 3. 20 h 50

09/11/2007

Géographie

Voilà une réjouissante façon de réviser sa géo. Dès lundi, l'émission Toowam accueille un nouveau programme, 1 000 familles, réalisé à partir des clichés de Uwe Ommer. Pendant quatre ans, le photographe a parcouru les 5 continents et traversé pas moins de 130 pays pour immortaliser un millier de familles.

De façon très ludique, ses images sont animées, agrémentées d'anecdotes et de musiques typiques, pour en livrer des minis tranches de vie d'un peu plus d'une minute. Chaque pays visité est situé sur un grand planisphère, son drapeau et le nom de sa capitale sont ensuite indiqués. Première escale à Bali où l'enfant, qui est sacré, ne doit jamais toucher le sol. À l'inverse du Mexique où l'on marche pieds nus ou en sandalettes. Au Pérou, nombreux sont ceux qui vivent sur des îles constituées de roseaux.

Rencontre plus atypique avec une famille des États-Unis dont l'adolescent doit s'occuper d'un bébé... robot ! Ce programme surprenant est censé faire réfléchir quant à une paternité précoce...

L.T.-G.

"1 000 familles", dès lundi sur France 3 dans "Toowam"

05/11/2007

Descendance

Finie la quête du graal. Le roi Arthur a replanté l'épée divine et abandonné toutes responsabilités. De quoi semer une sacrée zizanie au royaume de Kaamelott, qui se cherche un successeur. Table ronde désertée, beau-père qui deviendrait bien calife à la place du gendre, belle-mère encore plus méprisante, chevalier Lancelot vengeur… Sans compter sur l'arrivée du jurisconsulte (excellent Christian Clavier), qui va tenter de trouver dans les archives, une loi pouvant clarifier cette situation ubuesque.

Notre bon roi, lui, se lance presque en solitaire dans une nouvelle croisade : rechercher son hypothétique descendance. Mais avec ses nombreuses maîtresses, rien n'est facile. Il peut mal (heureusement) compter sur le soutien de son épouse Guenièvre, qui, depuis son escapade avec Lancelot, est experte en pièges à oiseaux.

Cette fin de Livre V, fort réjouissante, est adroitement écrite et réalisée par un Alexandre Astier en grande forme.

L.T.-G.

"Kaamelott livre V", M6. 20 h 50

29/10/2007

Jugnot ouvre la caverne d'Ali Baba

da25ddad3c4472ccaea1152f07d3b7d0.jpgGérard Jugnot, Michèle Bernier, Jean Benguigui, Saïda Jawad, Marc Ruchmann et Leïla Bekhti sont à l’affiche d’Ali Baba, diffusé ce soir et demain sur TF1
"Ma vie ressemble à cela : un petit bonhomme à qui il arrive des choses extraordinaires. Je suis épaté. On n’a pas fait de la téloche, mais un film pour la télé." Gérard Jugnot avait encore des étoiles plein les yeux en découvrant les images d’Ali Baba, proposées lors d’une projection de presse à Paris au début du mois.
Une caverne aux mille éclats, quarante voleurs galopant dans les dunes sinueuses de l’Atlas marocain, des effets spéciaux soignés, des dialogues précis, de l’action, des cascades, de la comédie, un génie… Et même un tapis volant ! Tous les ingrédients sont réunis dans ce Bagdad luxuriant reconstitué, pour faire de cette adaptation signée Pierre Aknine, un régal pour le téléspectateur. Et un succès d’audience pour TF1.
On est à mille lieues de la version de Jacques Becker, tournée en 1954 avec Fernandel. Le scénario de Michel Delgado s’est nourri d’intrigues (amoureuses, politiques, policières), piochant d’ailleurs dans d’autres contes du même genre, pour livrer un vrai moment d’aventure.
Pas moins de 1 500 figurants ont participé au film, 25 techniciens français, 40 Marocains, une soixantaine de décorateurs, une trentaine de costumiers et des effets spéciaux "made in France".
En avril, Midi Libre s’était rendu sur le tournage d’une partie de cette grosse production (10 millions d’euros), à Marrakech. L’esprit chaleureux et la connivence entre les comédiens avaient été au rendez-vous et ce plaisir de jouer ensemble transparaît à l’écran.
"Travailler avec des comédiens comme ça, ça équivaut à 5 ans d’école, analyse Léïla Bekhti, jeune et prometteuse comédienne. Les gens les plus talentueux sont toujours les plus simples."
"Dire "Sésame ouvre-toi" et voir la caverne qui s’exécute, c’est épatant, reprend Jugnot. On croirait le coffre fort de Picsou, ça brille… "
"Ça a vraiment à voir avec le merveilleux… Ah, Bagdad a bien changé depuis Saddam Hussein",
ironise Jean Benguigui. On appelle cela la magie de la télévision.

Loïc TORINO-GILLES

ON L'A VU Magique !
La magie de l’Orient opère dans ce conte des mille et une nuits revisité avec drôlerie par Pierre Aknine. L’histoire de cette caverne enchantée, qui s’ouvre ce soir, réserve (bonnes) surprises et rebondissements. Film choral à la distribution inspirée, Ali Baba est conduit par Gérard Jugnot, enjoué, qui est un parfait bûcheron. Modeste, il place les valeurs familiales avant l’argent, et va être dépassé par la découverte du butin des 40 voleurs. Non, tout cet or ne fait pas le bonheur. Chose que son cupide frère Cassim, incarné avec verve par le très en forme Jean Benguigui, apprendra à ses dépens. Le deuxième volet, diffusé demain soir, est davantage tourné vers l’aventure et la trame amoureuse qui se tisse entre le fils d’Ali (brillant Marc Ruchmann) et une jeune esclave (tout aussi juste Léïla Behkti).
Nourri d’effets spéciaux bien léchés, Ali Baba nous fait décoller… sur un tapis volant.
L.T.-G.

25/10/2007

Juge Alice

Le duo Delterme/Tinivelli est plutôt convainquant et complémentaire. Et la nouvelle formule en 52 minutes (en fait 46) d'Alice Nevers, apporte rythme et dynamisme, gommant au passage tout bavardage intempestif. Images léchées, ballades mélancoliques dans la langue de Shakespeare… la première chaîne continue son clonage intensif de séries américaines au succès non démenti.

Dans l'épisode de ce soir, "Cas d'école", la femme juge et son policier d'ami enquêtent dans une grande école privée, sur le meurtre d'une charmante jeune fille. On croise une galerie de personnages attendus : dirlo craignant pour la réputation de son établissement, parents abasourdis, meilleure amie compatissante, petit-ami sous le choc et suspects blanc-bec à baffer.

Et cette morale bien sentie : "Les hommes ont deux cerveaux. Quand celui du bas fonctionne, on n'est pas à l'abri de connerie". Ah, le bon sens à la française est lui, inimitable !

L.T.-G.

"Alice Nevers", TF1. 21 h 40

22/10/2007

Des Moot-Moot pas si bêêêêtes

Irrévérencieux. Les Moot-Moot, imaginés, écrits et doublés par Eric & Ramzy, le sont. Cette famille de moutons complètement déjantée a débarquée hier soir sur Canal. Ce dessin animé dont l'humour trash et scatologique fait évidemment penser aux vilains garnements de South Park, reviendra chaque semaine en clair.

A sa tête, Bernard, chef d'une entreprise de gazon, véritable despote avec ses employés. Mais à la bergerie, c'est Berthe, son épouse mannequin et alcoolique (bière et white spirit), qui porte la culotte en laine. Ajoutez deux mioches, une fille et un garçon. Michel, 14 ans, dont l'ambition est de terminer le niveau 4 d'un jeu vidéo. Et Zinédina, 7 ans mais 18 ans dans sa tête, qui a hâte d'avoir son appart.

Avec leurs amis (Fred sans Omar, Michael Youn, Grand Corps Malade, Diam's, Elie Semoun...), ils dézinguent à leur manière le racisme, le chômage à 50 ans, la religion, les émeutes en banlieue… Loin d'être bêêête.

L.T.-G.

 "Moot-Moot", C+. Le dimanche à 20 h 15 (en clair)

18/10/2007

En couleurs

La mire ? Aussi célèbre que la neige qui envahit les écrans télés quand il y a une panne technique ou une fin de programme. Saviez-vous qu’elle était vivante ? Il existe Monsieur Bleu, Monsieur Blanc, Monsieur Vert et même Madame Rose.

Lee Schulman et Gabriel Granger révèlent avec drôlerie l’âme de ce dessin austère chaque jour de la semaine sur Canal. Et le quotidien est loin d’être rose. Un portable qui sonne en plein tournage, une envie soudaine d’aller au petit coin, une allergie olfactive à un déodorant, l’idée saugrenue d’une des barres de vouloir changer la tonalité du "biiiiipppp" qui accompagne la mise en scène épurée (les sept couleurs alignées côte-à-côte). Quand la quiétude n’est pas troublée par un livreur de pizzas ou un stagiaire qui porte les cafés.

Emotions et jalousies se mêlent dans ces courtes saynètes (une minute) qui, évidemment, sont totalement absurdes. Mais l’idée est bonne. Barres de mire ? Un programme, haut en couleurs.

L.T.-G.

"Barres de mire", Canal + 6 h 54 et 12 h 39 (en clair)

17/10/2007

En pâture

C’était quelquefois violent. Peut-être trop. A l’image de cette haine exacerbée par la Libération, la fin de plusieurs années de répression sous l’occupant nazi. Violence attisée par autant de suspicion entre villageois corréziens nerveux. Le propos d’Epuration, hier soir sur France 2, rappelait dans une autre mesure, celui du téléfilm Notable donc coupable, diffusé sur cette même chaîne début octobre. Dans ce dernier il était question du poids de la rumeur et des lésions irréversibles qu’elle entraîne quand elle est livrée à l’opinion publique. Epuration aussi, montrait plusieurs innocents jetés en pâture sous le verdict inquisiteur des tribunaux populaires.
Beaucoup de conviction et de mesure dans le jeu de Cristiana Reali et Sophie Aubry, les deux personnages clefs de cette fiction. Deux femmes fortes, justement, vedettes pudiques de cette création qui venait clore la collection La plus belle histoire des femmes, ouverte en 1996. Réussite.

L.T.-G.

"Épuration", France 2. Hier soir