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11/10/2007

Flingueur

"C'est stupéfiant de voir que mes films fonctionnent toujours et que le public continue de se marrer." Je n'ai jamais oublié cette phrase que m'a confiée Georges Lautner. Attablé sous un platane centenaire, dans un coin de garrigue ensoleillée de l'est marseillais, le réalisateur des Tontons flingueurs me disait aussi sa "nostalgie" et sa "tristesse sur le temps passé et les gens disparus. Chaque film est une part de ma vie." Près de nous se tenait André Pousse, sans doute son gangster préféré, auquel il avait offert des rôles marquants…

Je repense à cette rencontre en voyant que la chaîne du satellite CinéClassic, consacre une soirée spéciale à ce "raconteur d'histoires". Outre les délirants Barbouzes, Lautner reviendra ensuite, dans Foutu fourbi, sur sa carrière prolixe.

Mais au fait, que pense-t-il du petit écran ? "La télé, c'est un peu frustrant, parce que le téléspectateur peut zapper. Alors qu'au cinéma, on peut enfermer les spectateurs à clef." Imparable.

L.T.-G.

"Spécial Lautner", CinéClassic. 20 h 45

23/08/2007

La séance

Les grilles de rentrée se suivent... et ne se ressemblent pas. Bani provisoirement l'an dernier de l'antenne de TF1, le cinéma va faire un retour fracassant le dimanche soir... sur France 2 ! Un comble pour la chaîne publique qui proposait à la même époque FBI portés disparus. C'est pour contrer ces séries que la Une avait fait appel à ses Experts. Elle devrait d'ailleurs continuer à alterner séries et films en septembre.

France 2 se prépare donc à jouer la carte du septième art. A compter du 9 septembre, elle mettra à l'affiche deux films, pour la plupart inédits. Ce sont les Soeurs fâchées et La demoiselle d'honneur qui assureront la première séance. Entre les deux, un magazine tout en images déroulera l'actualité des salles obscures. Avant le clap de fin : « sept minutes de son et d'images consacrés aux fervents amateurs de cinéma ». Prometteur.

Ce nouveau tour de manivelle n'est finalement pas étonnant au vu des très bons chiffres d'audience enregistrés régulièrement par le ciné : 10,1 millions de téléspectateurs pour Tais-toi !, 9,9 pour La Recrue. De quoi avoir la tête dans les étoiles.

L.T.-G.

21/08/2007

L'ivresse

« Quelques goulées de boukha, un martini, un whisky avec un peu de perrier... Ils sont pas frais... » Ce refrain des Rita Mitsoukou est devenu aussi culte que le film éponyme. Nuit d'ivresse, sorti sur les écrans en 1986, est adapté de la pièce de Josiane Balasko. Jouée au début des années 80 au théâtre du Splendid avec Michel Blanc, elle fut reprise très récemment par Michèle Bernier. Un vieux conflit oppose d'ailleurs les partisans de la version théâtrâle et celle de Bernard Nauer pour le cinéma.

Le film est pourtant une réussite; Jacques Belin, animateur vedette du jeu L'affaire est dans le sac, est campé avec brio (avec qui ?) par Thierry Lhermitte, qui cosigne le scénario avec Miss Balasko. Cette dernière incarne Fred, cheveu rouge et ciret jaune, qui, à sa sortie de prison, fait la rencontre de cet animateur à succès qui vient de recevoir le Dandy d'or (mais que d'un oeil)... La soirée trop largement arrosée donne lieu à une succession de scènes cocasses jusqu'au réveil-gueule-de-bois du lendemain. Il a eu un trou de mémoire, elle est tombée dedans... Un cocktail culte.

L.T.-G.

"Nuit d'ivresse", M6. Ce soir

19/08/2007

Opération visiteurs

Le casting du film de ce soir est bon. Très bon même. Valérie Lemercier en bourgeoise coincée, Jean Réno en agent de la DGSE rustre et nerveux, Christian Clavier en mari pot de colle et un peu précieux. Le tout, sous la houlette d'un Jean-Marie Poiré plutôt bien inspiré. Et une musique originale signée Eric Lévi. Nous sommes en 1990 et dans trois ans, la même équipe tournera dans un long-métrage qui marquera toute une génération...

Il s'agit des Visiteurs, dont une partie fut tournée dans l'Aude. Avec ses 14 millions de spectateurs, les aventures moyenâgeuses de Jacquouille la Fripouille, Godefoy le Hardi et Béatrice de Montmirail firent trembler La grande vadrouille, qui reste le succès indétrônable du box-office hexagonal. Mais revenons au film de ce soir qui, sans être la comédie du siècle, réunit somme toute plusieurs scènes cocasses, notamment celles tournées avec le sosie du crâne de... François Mitterrand.

Du rire aux larmes... Dans un tout autre style en deuxième partie de soirée, France 2 diffuse l'émouvant Parle avec elle de Pedro Almodovar. Ou la solitude traitée avec pudeur. Ce soir le ciné est à la fête.

L.T.-G.

"Opération Corned Beef", TF1. 20 h 50

05/08/2007

Eternel pourri

Maestro Noiret... Voilà encore un monstre sacré qui nous a quittés cette année. Mocky a bien raison : « Les acteurs ne meurent jamais car ils sont toujours à l'écran ». Ils crèvent l'écran même, comme Philippe Noiret, éternel René Boiron, ressuscité ce soir dans Ripoux 3, dix-neuf ans après l'apparition au Quai des Orfèvres de ce flic corrompu jusqu'à la moelle. Claude Zidi ne trahit pas le spectateur dans ce troisième volet ; un peu comme dans la saga américaine L'Arme fatale, les héros ont vieilli, courent moins vite et se sont même acheté une morale... Ils ont pris de la bouteille, un peu comme ceux qui les ont suivis au cinéma en 1984 et 1989.

Outre le plaisir de retrouver le couple René / François (attachant Lhermitte), la réussite repose surtout sur l'intronisation de Lorant Deutsch qui confirme qu'il a l'étoffe d'un grand. Au côté du maître et du disciple, le jeune élève va devoir faire ses preuves dans le braquage à la Ocean's eleven dans lequel s'embarquent nos éternels pourris. Ajoutez à cela la nouvelle identité de René, et, du coup, une paternité à assumer. Sans oublier son tiercé. Inoubliable.

L.T.-G.

"Ripoux 3", TF1. 20 h 50.

18:06 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ripoux 3

12/07/2007

Chère Tatie

"Elle ne vous connaît pas mais elle vous déteste déjà !" Etienne Chatiliez a brillamment trouvé l'accroche de son deuxième film, dont l'affiche montrait le visage angélique d'une délicieuse mamie. On connaît la suite : odieuse, cette veuve dépense son énergie à martyriser son entourage. Je le confesse, j'ai connu une Tatie Danielle. Oh, pas aussi vicieuse que celle campée par Tsilla Chelton. Non, la mienne n'a jamais eu le culot de faire grimper une mémé de 80 ans sonnés sur un escabeau pour nettoyer un lustre. En même temps, elle n'avait pas de lustre... Mais cette tante là savait mener son monde en bourrique et vous rendre responsable de ses maux. Aujourd'hui, "Tatie Danielle" est devenu un nom commun ; au même titre que Tanguy - du même Chatiliez - pour qualifier les trentenaires qui vivent chez leurs parents. Ce rôle a longtemps collé à la peau de sa comédienne principale qui avait d'ailleurs accepté de se vieillir de vingt ans. On raconte que dans le petit village où elle vit, certains lui ont reproché ce choix de carrière qui lui a pourtant valu une nomination aux César. Finalement, en visionnant ce film, on trouve que notre vie est un long fleuve tranquille.

L.T.-G.

"Tatie Danielle", France 3. 20 h 55