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20/03/2009

Muriel Robin : toute seule comme une grande

"DVD Muriel Robin toute seule comme une grande"

F-dvd_robinzenith.jpgC'est après avoir triomphé avec ce spectacle, à Paris et en province, que Muriel Robin a surpris tout le monde en annonçant qu'elle souhaitait arrêter la scène. Une déception immense pour tous ceux qui apprécient le talent indéniable de cette force de la nature que "tout énerve". Coécrit comme à l'accoutumée avec Pierre Palmade, ce spectacle réussi est mené de main de maître par une Muriel Robin au top niveau de sa forme. Les deux heures du one-woman-show démarrent sur des chapeaux de roues ("Le testament") et s'achèvent en apothéose ("La vedette", "Tout groupé")... On rit beaucoup, notamment avec les tribulations du Roland et de la Jocelyne ("Les vacances") et lors d'une mémorable "Réunion de chantier". 

Loïc TORINO-GILLES

Publié le 17/12/2002 sur Amazon.fr

19/03/2009

C'est la crise du rire

MOSAIQUE_GUIGNOLS_20_ANS.jpgRiait-on plus hier ? Les récurrentes émissions qui compilent les images d’un glorieux passé cathodique insolent pourraient nous le faire penser. On se souvient de Thierry Le Luron célébrant à sa manière les trois premières années de pouvoir de Mitterrand, en scandant avec la voix de Bécaud L’emmerdant c’est la rose . Ou du tandem Desproges/Prévost, offrant un tour de Montcuq à des Français fidèles au Petit rapporteur.

L’irrévérence semblait omniprésente. Les médias étaient pourtant moins libres et il n’était pas rare que les directeurs de cabinet des Ministres téléphonent directement aux patrons de chaînes pour leur demander des explications. Pour autant, les humoristes ne courbaient pas l’échine. On osait.

Quelle semble morose notre petite lucarne, dans une époque où on ne peut plus vraiment railler les juifs, les noirs, les islamistes, les handicapés, les homosexuels, les sourds, les culs-de-jatte, les gras, les maigres, les roux, les dépressifs, et j'en passe...  sans qu’une association ne s’insurge et crie à l’abomination. Nos humoristes ont fini par s’autocensurer.

Sauf les indéboulonnables Guignols, qui viennent de fêter leurs 20 ans sur Canal+. Plus qu’une réussite, la consécration pour ces marionnettes de latex qui ont remisé au placard-des-ringards le Bébête show. La boîte à coucou de Johnny, Chirac en super menteur, Sarkozy en président Bling-bling, les Tiberi en Ténardier de l’Hôtel-de-Ville… Ils brocardent à l’envie les puissants, sans concession aucune.

Et en ces temps de "crise", c’est quand même bon de rire… de tout.

Loïc TORINO-GILLES

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08/03/2009

Waits/Weill : de l’ombre jaillit la lumière

De "Black rider" à "Dreigrochen opera", en passant par "Lady in the dark" et "Frank’s wild years", la création Waits/Weill a rendu un hommage musical, mardi soir, au bluesman américain et au tourmenté germanique

Comme tombés du ciel, des luminaires viennent caresser de leur clarté le plateau de l’auditorium du Pharo (Marseille). Une intense lumière bleue, échappée du vaste écran qui couvre la scène, l’entoure d’une douceur irréelle. Puis la voix rocailleuse de Kris Dane, chapeau de cow-boy vissé sur la tête, fait voler en éclat cette quiétude.

Les âpretés de cette voix chaleureuse façon Luis Armstrong, viennent s’éteindre dans un mégaphone ; le son est proche des enregistrements du début du siècle dernier... Epatant. Outre Kris Dane, la soprano Judith Vindevogel interprète aussi cette fable grave qui parle "de vies boiteuses et d’amours défaites."

Bienvenue dans Waits/Weill, création contemporaine inspirée des chansons de l’Américain Tom Waits et de l’Allemand Kurt Weill. Une création de 2002 qui a fait swinguer et frissonner 750 spectateurs du Festival de Marseille ce mardi soir, dans un Palais du Pharo à l’acoustique rêvée.

Pour orchestrer le tout, l’enjouée formation bruxelloise "Ictus" a prouvé, s’il le fallait, qu’elle maîtrise à l’extrême l’art de la cacophonie organisée. Treize musiciens enjoués (clarinette, saxo, basson, tuba, claviers, accordéon, percussions...), rodés à l’exercice du "concert portrait" (l’ensemble est aussi en résidence à l’Opéra de Lille), qui ont su mettre en avant "le même génie mélodique subtilement asymétrique" que l’on retrouve chez Waits et Weill.

Le tout, appuyé par la mise en scène dynamique et audacieuse de Fabian Fiorini.

Ils avaient cent-vingt minutes pour rapprocher le blues de Waits aux chansons troubles de Weill (proche de Brecht). Ce furent cent-vingt minutes de bonheur.

Loïc TORINO-GILLES

Publié le 19 juillet 2006 dans Kesako

16/02/2009

Licenciement, morale et poitrine

1-Lutter contre la crise. Décidemment notre PME préférée (TF1) vient de trouver LA solution anticrise : tuer les salariés vindicatifs. Des dirigeants en ont rêvé, la Une l’a fait. Carrément ! Ce brave Laurent Gamelon, fidèle époux de l’héroïne de la série ô combien palpitante Diane, femme flic, a inauguré cette méthode plutôt expéditive. Le comédien qui avait osé demander une augmentation au moment de renégocier son contrat de travail, a reçu pour réponse un ultime script. Son personnage a été sauvagement abattu. Mort pour l’exemple. De quoi refroidir certaines ardeurs.

2-Moraliser l’antenne. Paradoxe. Après avoir éliminé ce salarié encombrant, TF1 a décidé de "moraliser son antenne". Ce n’est pas une blague. Exit poitrines aguicheuses, abdos huilés, libidos débridées, règlements de compte et tromperies filmées en caméras infrarouge : L’Île de la tentation c’est fini ! Mais que les aficionados se rassurent, Endémol, qui produit le programme, pourrait le vendre à M6. Ouf ! On pourra encore voir des débilités hautement intellectuelles cet été.

3-Cachez ce sein. Poitrine toujours : après son pétage de plomb sur un vol Air-France en 2007, Jean-Luc Delarue, l’ex gendre-idéal-du-PAF, a dérapé lors de la cérémonie des Globes de cristal, diffusée récemment sur France télévisions depuis le Lido. Farceur, JLD a proposé de porter "les globes" de la réalisatrice Yamina Benguigui, non sans lui avoir reluqué le poitrail au passage. Une allusion imagée que la belle amazone a peu appréciée. Ah, l’humour de Delarue,  ça se discute, comme dirait l’autre.

Loïc TORINO-GILLES

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31/01/2009

La mémoire d'Aix-en-Provence figée par quatre générations de photographes

F-Ely.jpgEn 1888, l’imprimeur Henry Ely décide de "marquer son temps" en immortalisant sur plaques de verre ses concitoyens. Il devient photographe et ouvre le Studio Henry Ely à Aix-en-Provence. La renommée viendra avec son fils Hugo, qui au lendemain de la seconde guerre mondiale, se spécialise dans le photo-reportage. Un métier transmis à son fils Jean et à son petit-fils Jean-Éric. Quatre générations de photographes qui détiennent la mémoire de la Cité du Roy René, en un siècle d’images

Crépuscule du dix-neuvième siècle. Le progrès technique se prépare à révolutionner les foyers français qui connaîtront bientôt l’électricité, le téléphone et bien plus tard, la télévision...

1888. Un imprimeur, Henry Ely, décide de marquer son temps; de l’emprisonner pour l’éternité sur des plaques de verre. À l’aube du vingtième siècle, on n’impressionne pas encore du film photographique et l’appareil photo est imposant. Armé de sa lourde chambre en bois, l’aixois va bâtir le Studio Henry Ely, qui possède aujourd’hui, 100 ans d’images d’archives sur la vie d’Aix et du pays aixois.

 "Comme beaucoup à cette époque, Henry était intéressé par le changement de siècle", raconte son arrière-petit-fils, et successeur, Jean-Eric.

À son niveau, à l’instar de Gustave Eiffel qui bâtissait "le pylône de 1000 pieds" le plus célèbre du monde, son arrière-grand-père veut "laisser son nom dans l’Histoire". Il fait un stage chez les Frères Lumières, à La Ciotat, pour parfaire sa technique et invente, un peu plus tard, une tireuse par contact. Ce système breveté permet de reproduire sur du papier les images des plaques de verre.

C’est le début d’une grande saga familiale, poursuivie par Hugo, Jean et Jean-Éric. Essentiellement portraitiste, Henry a tout de même conscience, dès le départ, "qu’il n’existera vraiment que ce qui a été photographié". L’homme a l’idée du reportage. Le premier date de 1909 : il part avec sa charrette à Rognes photographier les secours qui interviennent sur le tremblement de terre le plus sévère qu’a connu ce petit village.

Prêt à arrêter le temps, il joue aussi chaque année le contre-la-montre au carnaval d’Aix-en-Provence. L’exploit : réaliser les prises de vue au départ du cortège et exposer les photos à la fin du défilé.

LA RENCONTRE AVEC LA PRESSE. Il va rapidement collaborer avec les médias en fournissant des reportages au journal L’illustration, le Paris Match de l’époque. Mais c’est Hugo, son fils, qui va orienter le Studio sur le photo-journalisme. Quelques années plus tard, ce dernier et son fils Jean, tout juste âgé de 16 ans, photographieront la Libération d’Aix mais surtout les atrocités de la seconde guerre mondiale. "Des preuves" qui seront utilisées lors du procès de Nuremberg en novembre 1945.

Jean sera le premier à immortaliser le quotidien des Aixois. Dans le jargon de la presse, on appelle cela "la locale". Les clichés de cette petite et grande histoire de la vie de la ville seront quotidiennement publiés dans le Petit Provençal puis le Provençal et le Méridional.

En 1998, date à laquelle les deux titres fusionnent pour donner naissance au journal La Provence, Jean-Éric, dont 80% des reportages était dévolus à la presse, va intégrer de manière permanente le quotidien. Pour en repartir dix ans plus tard, en 2008, pour poursuivre l’activité du studio familial.

DES ANONYMES ET DES VEDETTES. En plus d’un siècle, les Ely ont immortalisé de nombreux événements. Les grands noms qui ont foulé le pavé bourgeois de la cité du Roy René n’ont pas échappé à leurs objectifs : Edith Piaf, Georges Brassens, Jacques Brel, Mireille Matthieu, Sharon Stone, Tina Turner, Johnny Hallyday... Ni les hommes politiques et les chefs d’états, Winston Churchill, François Mitterrand ou encore Jacques Chirac, qui figurent en bonne place sur le tableau de chasse bien rempli du Studio Henry Ely.

Bien sûr, l’arrivée du numérique a profondément fait évoluer la profession. "Nous avions l’habitude de faire nos propres mélanges, notre propre révélateur, se souvient Jean-Éric. À l’époque du tirage sur papier, on pouvait encore travailler l’image, avec des filtres... Il a fallu apprendre cela avec les logiciels."

L’avenir ? Jean-Éric souhaite faire vivre ce lieu emblématique du passage Agard. "Mon envie serait de transformer le Studio en musée. Mais pour cela, il faut du temps et de l’argent. J’aimerais aussi que ce lieu accueille une école de photo et dispose d’une galerie pour que les jeunes photographes puissent exposer." Continuer au vingt-et-unième siècle cette passionnante vie dont le sel... est d’argent.

Loïc TORINO-GILLES

'Publié dans Kesako en 2006'

 

 

Dans la famille Ely...


Henry ELY (1861 - 1921) Il fallait trente secondes en moyenne pour figer l’image sur les lourdes plaques de verre au format 18x24. Henry Ely, inventeur du studio éponyme, travaillait avec une (encombrante) chambre en bois.

Hugo ELY (1903 - 1974) Il connaît la transition entre les plaques de verre et la pellicule 24x36. Il reprend le Studio en 1921 puis fait l’acquisition du premier Leica, le IIIC. En 1954, il opte pour un autre modèle de cette marque légendaire connue pour la robustesse de ses boîtiers et la qualité de ses objectifs, le MIII.

Jean ELY (1928) Il reprend le flambeau en 1944, à l’âge de seize ans, jusqu’en l’an 2000. Retraité, Jean continue d’armer son Leica MVI au gré des reportages qui le passionnent. Cet Aixois emblématique à la mine débonnaire, a essentiellement travaillé en 24x36 et uniquement sur boîtier Leica. Il les a tous essayé, du MIII et MVI.

Jean-Éric ELY (1957) C’est en 1977, à l’âge de 20 qu’il rejoint son père. Il travaillera avec le Leica MIII de son grand-père, avant d’opter pour un reflex 24x36 de marque Canon, dans les années quatre-vingt. Progrès oblige, il conserve le même type de boîtier mais abandonne la pellicule au profit du numérique, en 2001. Une petite révolution.

L.T.-G.

14/01/2009

Skins : la jeunesse désenchantée

F-skins2.jpgC’est la série qui cartonne outre-Manche. Skins dépeint la vie dissolue de lycéens en errance dans un Bristol diapré. Une errance psychologique, commune à cet âge, quand les tourments s’abattent telles des désillusions sur ces futurs adultes désemparés. Tony, Cassie, Jal, Chris, Sid et les autres s’emmurent dans l’anorexie, les conflits avec les parents, un besoin presque vital d’émancipation, la découverte de l’homosexualité, du racisme… Avec comme moteur, cette approche animale de la sexualité.

Oubliez toutes les sitcoms qui évoquaient jusqu’alors l’adolescence. Pas de rendez-vous à la cafétéria pour pleurnicher sur des émois de pacotilles et disserter sur le dernier verni à ongle à la mode, comme du temps de Premiers baisers, d'Hélène et les garçons ou récemment de Cœur océan. Ici les jeunes sont désœuvrés, se défoncent, s’alcoolisent et vivent mal la frustration.

Skins, que Virgin 17 diffuse chaque mercredi (un an après Canal+), est une fable trash et actuelle. Dérangeant, brillant, culte.

Loïc TORINO-GILLES

"Skins", Virgin 17. Chaque mercredi à 20 h 35 (diffusé sur Canal+ en 2008)

21/12/2008

Les cadeaux de saint Nicolas

Début décembre, le passage de saint Nicolas n'a pas ravi tout le monde. Nonce Paolini, patron d'une petite PME (TF1*), n'a apprécié que très moyennement le "cadeau" du chef de l'état à destination de France Télévisions : 450 millions d'euros par an pendant trois ans, en contrepartie de la suppression de la publicité sur son antenne. "Aucun manager dans le monde n'a cette chance : connaître ses recettes pour les trois ans qui viennent", a fustigé le dirigeant de la Une sur RTL.

A croire que notre homme a oublié que cette idée n'est pas descendue du ciel, comme par enchantement, avec des jouets par milliers. Fin 2007, un livre blanc préconisant notamment la fin des écrans publicitaires sur l'audiovisuel public avait été remis à quelques personnalités du monde politique par… TF1. Il a trouvé un écho favorable auprès de saint Sarko, qui s'en est très largement inspiré pour réformer le paquebot dont l'état est l'actionnaire principal.

Alors pourquoi une telle agitation ? Les recettes de la réclame ne devraient-elles pas logiquement se reporter sur TF1 et M6 ? Pas sûr. Ce qui était vrai hier, ne le sera pas forcément demain. Le marché de la pub est morose. Un quart de baisse rien que sur France Télévisions cette année. "Et ces 25% ne se sont pas reportés sur TF1 ou M6", argumente Nonce Paolini. La plus grosse part de ce gâteau sera avalée par les chaînes de la TNT et le web, prédit même notre homme en colère.

Cerise, pour Patrick de Carolis : les chaînes généralistes devront s'acquitter d'une taxe (entre 1,5 et 3% du CA) pour compenser lesdites pertes. Un cadeau n'arrivant jamais seul, le président de France Télé a également reçu celui de faire appliquer une mesure qui n'est pas encore votée. A lui de bannir la pub dès le 5 janvier.

Farceur, saint Nicolas nous rappelle qu'en ces temps de fêtes calendales, les plus gros présents peuvent être empoisonnés. Bien mal acquis en somme… 

Loïc TORINO-GILLES

* Malgré une baisse de 4,6% par rapport à 2007, TF1 affiche un chiffre d'affaires de 1,88 milliard d'euros pour les trois premiers trimestres de 2008.

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26/10/2008

VIDEO "Les feux de l'amour" à Paris

"Les feux de l'amour" en tournage à Paris

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08/06/2008

Mgr Claude Dufour, un Ch'ti qui marche pour Dieu

Nommé fin mars 2008 à l'archevêché d'Aix-en-Provence et d'Arles pour seconder Mgr Feidt, Christophe Dufour prendra ses fonctions le 12 octobre, lors d'une messe à Saint-Sauveur. L'homme de foi, qui adore la marche, arpentera sans doute les sentiers de Provence.

 F-Dufour.jpg

"Ch'Timi de souche". Émanant d'un homme d'église, cette confession surprend, tant elle est dans l'actualité. "Je suis né à Armentières, dans la commune de Dany Boon. J'ai été nommé prêtre pour la première fois à côté de Bergues. Et maintenant, mes compétences s'étendent jusqu'à Salon. C'est comme dans Bienvenue chez les Ch'tis", s'amuse Mgr Christophe Dufour. "Dieu a beaucoup d'humour", reprend celui que le Pape Benoit XVI a nommé évêque coadjuteur pour le diocèse d'Aix et d'Arles, le 20 mai dernier.

En fonction quelques mois encore au diocèse de Limoges, où il est évêque depuis sept ans, Mgr Dufour prendra officiellement ses fonctions le dimanche 12 octobre, lors d'une messe à la cathédrale Saint-Sauveur. Avant, il entend bien se consacrer encore un peu aux projets qu'il mène dans son archevêché. "Cette nomination en Provence est tout à fait inattendue… J'avoue que j'ai un peu le sentiment d'être coupé en plein élan". Il souhaite ainsi s'atteler à la transformation du couvent des Clarisses en centre "où les plus jeunes aideront les plus pauvres". Puis à rendre accessible aux personnes handicapées, l'abbaye Saint-Pierre de Solignac.

Conscient que "la foi contribue à changer le monde", l'évêque de 61 ans a initié de nombreuses actions autour de la solidarité durant toute sa carrière ; notamment et plus discrètement, auprès d'un certain nombre de sans-papiers.

Après une maîtrise en théologie à l'Institut catholique de Paris, il est ordonné prêtre le 9 novembre 1975, pour le diocèse de Lille. Aumônier de l'enseignement public, puis des étudiants de l'enseignement supérieur, il devient aumônier général adjoint des Scouts de France en 1985. Avec les jeunes, il va marcher.

"MARCHER POUR ALLER VERS LES AUTRES"

Marcher comme Abraham, Moïse, Elie, Judith, Jonas, Tobie et Sarra, Marie-Madeleine, Pierre, Paul, Thomas et Cléophas… "La vie est une marche, c'est une parabole", pour mieux comprendre la Bible. La marche, c'est surtout sa passion, son "besoin" qui va le conduire dans les déserts du Néguev, du Sinaï, du Hoggar, sur les pas de Saint-Martial, en terre Sainte (Israël)… Et à écrire Les marcheurs de Dieu (paru aux Presses d'Ile-de- France en 2002). "Marcher représente l'action d'aller au-delà de soi, vers les autres…"

À présent, il aspire à être "au milieu du peuple de Provence". Et avec lui, arpenter les sentiers de notre région. "Je veux être un témoin d'espérance. Je cherche à connaître et aimer cette terre; À me faire Provençal avec les Provençaux". Mgr Dufour est aussi un homme de prière, qui sait accompagner sur des routes plus intérieures. Il aime célébrer l'Eucharistie et la Confirmation.

 "Il est l'ami des prêtes, confie le père Vigneras, vicaire épiscopal de Limoges. Il ne craint pas de donner des conseils dans la délicatesse de celui qui se fait compagnon de route. Ce priant marque d'une grande écoute de la parole de Dieu toute sa réflexion". Sourcier de l'appel, "il est resté vigilant à ce que chaque personne puisse entendre une invitation à suivre le Christ".

SOURCIER DE L'APPEL

En sept ans passés à Limoges, Mgr Dufour a ordonné 7 prêtres et 8 diacres permanents. "Il a aussi appelé de nombreux laïcs à partager la responsabilité de communautés chrétiennes dans les équipes pastorales et les services diocésains", reprend le père Vigneras. Président de la commission nationale du catéchuménat, le nouvel évêque coadjuteur d'Aix et d'Arles a mené à bien le chantier de renouvellement de la catéchèse en France.

Sa nouvelle mission, ici en Provence, promet d'ouvrir encore de belles voies.

Loïc TORINO-GILLES

Paru le 8 juin 2008 dans "La Provence"

© Photo Sophie Spiteri/La Provence