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07/05/2007

Propos de campagne

Voilà, les Français ont choisi. La campagne présidentielle, commencée bien tôt, s’est achevée hier soir. Et déjà Serge Moati ressuscite sur France 3 (20 h 55), cette Prise de l’Élysée. Le cinéaste a filmé pendant quatre mois les principaux candidats : Sarkozy, Royal, Bayrou et Le Pen. Au gré des déplacements et des meetings, les caméras se sont attachées à livrer l’intime, le décalé et le non officiel, qui ont jalonné cette course effrénée.

Des moments ponctués de petites phrases succulentes. Comme le "Bonjour à tous, comme vous le voyez Le Pen est toujours vivant", du président du FN. Ou le "Je suis sûr de ce que je fais. Tu verras quand tu seras à ma place…" de François Bayrou, à son directeur de campagne… Plus violent, le conseil de Vincent Peillon à Ségolène Royal : "Il faut que tu tapes beaucoup plus fort l’adversaire". Sans oublier le presque culte "J’ai changé", de Nicolas Sarkozy, confessé le jour de son intronisation…

Ah, un beau roman que cette présidentielle. On rêve même d’une saga de l’été.

L.T.-G.

"La prise de l'Élysée", France 3. 07.05.07

04/05/2007

Laurence Ferrari va "demander des comptes aux politiques"

medium_DIMANCHE_.jpgENTRETIEN La journaliste de Dimanche +, sur Canal, sera en direct le soir du deuxième tour de la Présidentielle

Comment préparez-vous le dimanche du second tour ?

Beaucoup de travail, évidemment puisqu’on est immergé tous les uns les autres sur le terrain dans les meetings des candidats… On va refaire une soirée électorale comme on l’a fait pour le premier tour, en direct à partir de 19 h 15 jusqu’à 21 h. On essaiera toujours de faire vivre ce qui se passe sur le terrain. Notre tonalité sur Dimanche +, depuis le début de la saison, c’était toujours ça : aller chercher l’information sur le terrain pour l’amener aux téléspectateurs, essayer de faire différent de ce qui se fait sur les autres grandes chaînes où c’est la grand messe, comme toujours, avec la même ronde des invités, les mêmes sondeurs.

Où se trouvaient vos équipes ? 

On n’est pas seulement allées dans les QG et les partis. On était positionnés à Clichy-sous-Bois aussi parce que c’était important et symbolique d’être en banlieue ce jour-là. On était présents à New York parce que le regard des Français de l’étranger nous intéressait. Et puis on était très présents sur Internet puisque, aujourd’hui c’est un média à part entière. En plus de Campanet, on a installé sur Second Life, qui est un monde virtuel, un personnage de Dimanche +. Cet avatar me représente… avatar est un mot horrible !

Dimanche + continue l’année prochaine. Qu’est-ce qui va changer dans sa construction ?

Il y aura toujours et encore plus de terrain. On sera aussi dans une année politique importante. Il y a quand même les municipales en 2008. Je ne pense pas que les Français vont se désintéresser de la politique. Quel que soit le pouvoir en place, je pense qu’ils voudront qu’on tienne les promesses électorales. Dieu sait qu’il y en a eu des promesses électorales ! Nous, à Dimanche +, on sera là pour demander des comptes aux politiques.

Président ou pas, vous avez répondu à Nicolas Sarkozy, dans un magazine, que vous l’inviteriez à nouveau…

Absolument. C’est lui qui a demandé si je voulais bien l’inviter à nouveau. Et je lui ai dit que finalement, et dans tous les cas, même s’il n’était pas élu puisque c’est une possibilité qu’il faut envisager…

S’il est Président, vous allez lui poser quelle question ?

Voilà, vous êtes élu, donc maintenant on va reprendre toutes vos propositions. Quand allez-vous faire la conférence que vous avez promis ? Ou modifier la loi sur les impôts ? Vous avez dit que vous feriez un service minimum dans les transports en commun, comment vous le mettez en place ? Vous avez dit que vous ne remplaceriez pas un fonctionnaire sur deux qui partait à la retraite, comment faire au niveau de l’Education nationale ? Ne vous inquiétez pas, j’ai largement deux heures d’émission de prêtes.

Et s’il n’est pas Président ?

Je lui demanderai comment il analyse cet échec. Est-ce que ça tient à sa personnalité, est-ce que ça tient à son programme, ou à la force de la candidate socialiste ? Et qu’est-ce qui sera dans l’opposition s’il continue à être un acteur majeur dans l’opposition ? Tout cela étant de la science-fiction d’un côté comme de l’autre.

En tant que citoyenne, avoir rencontré tous les candidats, ça vous a aidé à faire votre choix ?

J’ai vu ce que certains candidats maîtrisaient, d’autres pas du tout. A droite comme à gauche, c’est absolument pareil. Je les ai vraiment vu évoluer et travailler, se faire sécher sur certains dossiers et être très bons sur d’autres. Moi j’ai fait mon choix en toute connaissance de cause, et assez loin des idéologies je dirais.

Comment vous jugez cette première saison ?

Télévisuelle ? Vraiment formidable. D’abord parce que j’ai créé ma société de production. Ça me donne une force et une indépendance que je souhaitais. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai quitté la structure dans laquelle j’étais avant (NDLR, TF1). Je me suis vraiment épanouie sur Canal + parce qu’on m’a donné la liberté absolue éditoriale que je souhaitais, parce qu’on me fait confiance, qu’on m’a confié les soirées électorales.

C’est important de travailler dans un climat de confiance. Je me suis éclatée toute l’année, chaque fois que j’allais à l’antenne, j’étais heureuse. Heureuse d’être avec mon équipe et d’être sur cette chaîne-là. Donc, c’est une très belle année. On a eu de très très bonnes audiences. Des audiences qui sont similaires à ce qu’il y avait sur la tranche l’an dernier. Encore une fois, c’était le journal de Karl Zero qui était installé depuis dix ans. Honnêtement, on a trouvé notre public.

Qui est ce public ?

Il est jeune. Mon objectif c’était d'intéresser les jeunes à la politique, de leur donner l’envie d’aller voter. Le taux de participation au premier tour (85 %), c’est une vraie victoire. Ça veut dire que les gens qui ont regardé les émissions, pas seulement la mienne, avaient une vraie demande d’information politique. Ce que je voulais c’est qu’ils votent pour un projet et pas contre un projet, choisir la société dans laquelle ils vont vivre. Le taux de participation déjà, ça veut dire que ça, ça marche.

Propos recueillis par Loïc TORINO-GILLES

17/04/2007

Gaza story

Succulent ! Histoires courtes (France 2) nous sert ce soir à 1 h 05 sur un plateau d'argent, un West Side Story sur la bande de Gaza. Primé en février aux Oscars, West Bank Story est une comédie musicale de 22 minutes dans laquelle deux patrons de fast-food (Casher King aux couleurs israéliennes et Houmus Hut à l'iconographie palestinienne), se livrent une impitoyable guerre entre Falafels et Kebab, alimenté par des Palestiniens à keffieh et des juifs à papillotes.

Sauf que Fatima, serveuse de l'année chez Houmous Hut, s'entiche de David, un militaire israélien. Tandis que la tension monte entre les deux restaurateurs de cette Cisjordanie reconstituée, l'improbable amour entre nos deux tourtereaux conduit à l'érection d'un mur entre les deux établissements…Puis à un échange de cocktails Molotov qui causera la destruction du lieu. Dès lors, les deux frères ennemis - si semblables -, seront obligés de travailler main dans la main.

Le ton jubilatoire de la comédie s'empare de cette fable signée Ari Sandel, qui parle, avec drôlerie et discernement, de paix.

L.T.-G.

"Histoires courtes", France 2. 17.04.07

26/03/2007

L'apôtre

Jean-Marie Le Pen a t-il changé ? Non ! Le vieil officier qui a créé voilà 35 ans le Front national, n'a rien perdu de sa gouaille. C'est même lui qui met un terme au tournage du reportage diffusé hier soir à 23 h sur M6. Un coup d'arrêt aussi coléreux qu'inattendu, alors que les caméras d'Enquête exclusive le suivaient depuis trois mois.

De la pause pipi sur l'aire d'autoroute à la visite du Paquebot, siège de son parti à Saint-Cloud, le doyen des candidats à la Présidentielle a tenté de jouer la carte de la transparence. Restant discret sur sa "stratégie de campagne". Député européen depuis 22 ans, sa venue à Bruxelles n'a pas été du goût de tous : « Il n'est jamais là pour travailler, mais il y a toujours la télé ». Ces coulisses se prolongent dans l'intérieur cossu de son hôtel particulier du Parc Montretout, où des toiles d'un goût certain le représentent.

Ce culte du chef savamment entretenu, qui émerveille sa femme et ses filles, séduit des militants qui se bousculent dans des déjeuners patriotiques. A 15 euros l'entrée, on a le privilège de faire dédicacer le set de table à l'effigie du leader, et d'accéder à la boutique souvenir, où le nounours "Le Pen président" s'arrache. « Pour nous il est l'apôtre de la paix... Il se conduit comme un saint ». Que d'esprit...

L.T.-G.

"Enquête exclusive" - M6 - 25.03.07

27/02/2007

Ségolène Royal : Un geste

POLITIQUE – TF1 "J'ai une question à vous poser".
Invitée Ségolène Royal – 19 02 2007


Bernard était en larmes. Sur le plateau de TF1, ce handicapé de 60 ans faisait partie des intervieweurs de la candidate Ségolène Royal, dans l’émission J’ai une question à vous poser.
Les yeux humides à force d’expliquer sa différence, ce calvaire, et cette mise à l’écart d’une société qui peine à adapter ses équipements. « La normalité, c’est le handicap », a-t-il sangloté, citant les mots d’un de ses amis récemment disparu.
Illustration de cette « mise à l’écart », dans cette sorte d’amphithéâtre, Bernard n’était pas installé sur un siège comme les 99 autres Français. Assis sur son fauteuil roulant, il suivait l’émission en contrebas, entre les allées du décor.
Ce moment d’émotion a touché Madame Royal qui a quitté son pupitre et traversé le plateau pour poser sa main sur le bras de Bernard, lui soufflant : « Il faut changer le regard de notre société » .
Faisons fi des attaques de démagogie ou de calcul. Ce geste de compassion semblait bien sincère. Pensons qu’il n’était pas celui de la candidate PS. Mais celui de la femme.

L.T.-G.

François Bayrou : Le berger

POLITIQUE – M6 "Cinq ans avec", première.
Invité François Bayrou - 18 02 2007


Cette première de Cinq ans avec…, dimanche 18 sur M6, donnait l'impression d'une prolongation de Vivement dimanche, tant sa présentatrice Estelle Denis, avait l'acidité du plus combatif Michel Drucker !
L'émission s'ouvrait avec une image : François Bayrou tenant un bâton de berger (pas le saucisson), « prêt à mener le troupeau » vers le changement. Voila pour le ton de cette partie consacrée à dévoiler la personnalité du candidat (sic).
Comparé à Charles Ingalls, ce Béarnais qui a le « sang proche du béret », nous livrera des confessions aussi fortes que « La politique n'est pas un milieu gentil », « Je n'achète que des polars qui finissent bien », « Ma femme Babeth ne choisit pas mes chemises » ou « Je préfère un journaliste honnête dont on connaît la ligne ». Cette dernière pour Alain Duhamel, suspendu pour lui avoir apporté son soutien.
Finalement, on avait raison de rester jusqu'à la fin. Bayrou, plutôt à l'aise, claqua le béarnais, euh le beignet, à Bernard de la Villardière qui tentait d'insuffler un peu de poil à gratter. Sanguin qu'on disait…

L.T.-G.

17:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : m6, bayrou, politique