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19/12/2007

Jean-Pierre Foucault "L'anniversaire Sacrée Soirée sans nostalgie"

INTERVIEW INTEGRALE Jean-Pierre Foucault présente ce soir une spéciale Sacrée soirée

4260ffc9593ec7b337dd2b4888799132.jpgOn fête ce soir les 20 ans de "Sacrée Soirée", que va-t-il se passer ?

Nous n'allons pas cultiver la nostalgie ! Les images d'archives n'occuperont qu'un tiers de l'émission. Des vedettes d'aujourd'hui passeront ensuite à la moulinette de Sacrée Soirée

Vous serez en direct…

J'ai tenu à ce que nous soyons en direct et programmé un mercredi, pour que l'on soit dans la configuration idéale de Sacrée Soirée. Il y aura le même générique, un peu réorchestré, et Laurence, qui tirera au sort trois dates de naissance… On va arriver tous les deux avec nos déambulateurs, ça va être très très bien (rires).

Il faut s'attendre à des surprises inédites ?

Exact, pour Jenifer, Marc Lavoine et Johnny Hallyday. Johnny qui était mon premier invité, le 2 septembre 1987. Il a participé plusieurs fois à l'émission, alors cette fois-ci, il a vraiment fallu se creuser la tête !

A l'époque, vous aviez une image compassée...

Je suis en train d'écrire un bouquin et je relis toutes les critiques de la première émission : c'est terrible ce qu'on nous a flingué. On ne pouvait pas comprendre que le fait que je sois "lisse" était ma volonté. Le but de TF1, qui venait d'être privatisée, était de concilier un large éventail du public. Dans ma tête, je ne l'étais pas. Ceux qui m'écoutaient à la radio en parallèle, s'en rendaient bien compte. En cumulant radio et télé, ça fait 41 ans que je suis là. Les observateurs se disent qu'il y a peut être une raison à cela. Il parait que maintenant je suis devenu culte. Culte pour les signataires qui m'en mettaient plein la tronche à l'époque.

Quel est votre secret pour durer ?

J'ai toujours infiniment respecté les gens qui me regardaient et ceux avec qui je travaille. C'est ma recette. J'ai en outre été servi par les concepts. J'ai eu beaucoup de chance.

Vous n'êtes pas producteur. Un avantage ?

Si j'étais chef d'entreprise, je dirais "oui" pour faire travailler mes équipes et faire rentrer de l'argent dans la caisse… Je suis un artisan, je peux dire non. Je fais mienne cette phrase de Gérard Louvin : "Quand le boulanger est tout seul au four il n'y a personne à la caisse. Et quand il est à la caisse, le pain brûle…"

Michel Drucker veut "mourir sur scène", c'est votre cas ?

Il a dit ça car il a peur de mourir en regardant des Chiffres et des Lettres (rires). Je ne suis pas de son avis. Si le public me dit "Ça suffit", j'arrêterai. J'arrêterai pour vivre, pour être chez moi, pour aller manger un loup à Carro (près de Carry-le-Rouet, dans les Bouches-du-Rhône, où il se rend chaque week-end), pour bricoler mes bagnoles, pour voir mes copains… Je continuerai tant que je m'amuse et que j'y trouve du plaisir.

Comment est née Sacrée Soirée ?

Francis Bouygues, nouveau patron de la Une, était très déçu : tous les animateurs étaient partis sur la Cinq de Berlusconi. Il m'a contacté un vendredi de pentecôte, alors que j'animais "L'Académie des neuf" sur la Deux. J'appelle aussitôt le cabinet de Claude Contamine, président d'Antenne 2, pour lui expliquer la situation et là on me dit : "C'est pentecôte, on verra mardi !" Donc le samedi, je suis allé signer chez Bouygues. Il m'a dit : "Bonjour Monsieur Foucho" (rires), puis il m'a serré la main… Plus tard Contamine m'a avoué : "Vous êtes le regret de ma vie"

A votre arrivée sur la Une, l'émission n'existait pas ?

Non. Sur mon contrat d'engagement il y avait écrit "Le juste prix" et "La Une est à vous". Deux programmes que je n'ai jamais animé. Sur les conseils d'Etienne Mougeotte, alors directeur des programmes de TF1, Gérard Louvin est venu me rejoindre en cure. C'est devant un jus de carotte qu'on a inventé le concept Sacrée Soirée. Le lendemain de la première, France Soir titrait "Il y en aura pas deux". Il y en a eu 264 !

Lesquelles vous ont marqué ?

Quand nous avons retrouvé au fin fond du Vietnam, la mère de Danny Carrel. Aussi quand nous avons pu filmer l'endroit où les parents de Gainsbourg se sont connus. A l'époque, c'était zone interdite en URSS. L'ambassadeur de France à Moscou, qui regardait Sacrée Soirée, en a parlé au ministre qui a envoyé une équipe soviétique.

Propos recueillis par Loïc TORINO-GILLES

Ce soir à 20 h 50 sur TF1 (Photo TF1)