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02/05/2007

A Marrakech, sur le tournage d'Ali Baba

REPORTAGE
L'équipe du téléfilm "Ali Baba", emmenée par Gérard Jugnot, accueille Midi Libre

A l’heure où l’appel à la prière s’envole de la médina, les effluves poivrés de menthe - dont le thé coule à flots -, viennent réchauffer ce matin sans soleil. Bienvenue à Oumnast, perle du Maroc située entre le désert et les neiges éternelles de l’Atlas, à 25 kilomètres de Marrakech. Dans une casbah aux murs saupoudrés de sable, un décor en trompe l’œil, fait de carton et de talent, vient sublimer le tableau. Insouciants, des gamins du village alentours, alertés par cette étrange agitation, courent pieds nus en agitant joyeusement des chutes de pellicule 35 millimètres. Des sunlights illuminent tout à coup l’atmosphère, tandis que des techniciens s’activent aux derniers préparatifs, dans ce Bagdad du neuvième siècle reconstitué.
Nous sommes sur le tournage d’Ali Baba, fiction à gros budget (9,5 millions d’euros) que réalise Pierre Aknine pour TF1. Personnage principal de cette superproduction, Gérard Jugnot incarne Ali, le brave bûcheron qui a découvert la caverne aux trésors des quarante voleurs. Pour ce 48e jour de travail (et seulement 48 heures de retard sur le planning), Michèle Bernier (Yasmina), Leïla Bekhti (Morgiane), Saïda Jawad (Ouria) et Marc Ruchmann (Sliman), lui donnent la réplique. À l’image des Marocains, l’équipe du film nous accueille les bras ouverts et nous guide dans les coulisses. Le ton est rapidement donné. Ici, l’ambiance est chaleureuse. Et Michèle Bernier n’est jamais la dernière pour materner les jeunes comédiens, plaisanter avec les techniciens, ou chanter Aline de Christophe.
Entre deux conseils, on se moque facilement de l’accent québécois du cadreur… Le "silence demandé ! Moteur !", fait cesser subitement les distractions. Mise en place de Roméo, le cacatoès sur son perchoir. Une scène minutieuse se prépare : Ali, Ouria et Yasmina découvrent les rescapés du tapis volant. Une carpette qu’il faut imaginer… Sauf pour Julien et Sébastien, de la société Duboi, qui en ont une idée précise. Ces "Messieurs effets spéciaux" calculent côtes et angles de vue qui permettront de restituer l’illusion de l’envol.
Avant de passer du champ au contre-champ, Pierre Aknine court voir les images sur les écrans de contrôle. Il hésite sur une expression, puis se prononce : "C’est dans la boîte, on peut passer au close up"- les plans fixes -. Au final quatre heures de tournage pour une scène de 50 secondes.
Pause "goûter", vers 16 h. Servies avec les pâtisseries orientales : Harira. Soupe des soirs de Ramadan, composée de mouton, de pois chiches et de lentilles. L’occasion pour les Marocains de nous interpeller sur un sujet inattendu : "Alors, Sarkozy ou Ségolène ?" L’Elysée, notre Riad à nous, s’est invité à déjeuner.
La journée de travail, commencée à 8 h 30 - lever à 5 h 30 pour les comédiens -, se poursuivra ainsi jusqu’à 21 heures.
Le temps pour Philippe Chaussende et Driss Tahri, les directeurs de production, d’aligner quelques chiffres. Environ 1 500 figurants, dont près de 600 pour les scènes du marché ; 25 techniciens Français, 40 Marocains ; 60 décorateurs (un pic à 90) presque tous de Marrakech (6 Français) ; 30 costumiers ou encore 650 000 € consacrés aux effets spéciaux.
Après Ouarzazate et Marrakech, l’équipe est cette semaine à Casablanca. Elle sera renforcée par la venue de Jean Benguigui, Mouss Diouf et Doc Gynéco. Et quand Chinook, le vent chaud des montagnes, aura soufflé, il ne balaiera pas ces 92 jours d’une aventure humaine.

A Marrakech, Loïc TORINO-GILLES

---------- photos TF1 et L.T.-G. ----------

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