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20/11/2007

Impuissants

Révoltante impuissance. Celle de ces militaires qui découvrent par hasard un groupe de rescapés Tutsis, peinant à se cacher dans les collines de Bisesero. Les soldats y reviendront trois jours plus tard. Trop tard. La quasi-totalité ayant été massacrée par des Hutus.

C'est une des scènes fortes du poignant Opération turquoise, film-manifeste d'Alain Tasma à qui l'on doit déjà Nuit noire, sur la rafle des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Profondément réaliste, cette fiction s'est tournée cet été au Rwanda, avec la participation des populations locales. Elle pose un regard sans concession sur l'engagement des troupes tricolores en juin 1994, au lendemain du génocide qui vient de faire 800 000 morts.

Diffusé hier soir sur Canal +, et ce soir sur Décalé, Opération turquoise questionne sur ces soldats qui attendent les tardifs ordres de Paris, sur cette "opération humanitaire" énoncée, sur ces hommes désarmés face à l'horreur.

L.T.-G.

"Opération turquoise", Canal + décalé. 20 h 50

07/05/2007

Guignols de l'info : les coulisses !

REPORTAGE La mythique émission de Canal +, créée en 1988, dévoile ses secretsmedium_F-ppd1.2.jpg

Pot de départ le 6 mai à 20 heures. Personne n’a pu échapper au slogan de l’affiche représentant la marionnette du président Chirac, enrubanné de serpentins. Elle est à l’image de la déco de l’immeuble de 3 000 m² qui abrite les Guignols de l’info, dans la région parisienne. Sur les murs, des fausses unes de magazines, des remakes de films, la tête d’un éléphant géant en latex, un paon…
Véritable PME, l’entreprise emploie 300 personnes (dont 30 marionnettistes) et fait travailler trente corps de métier, du peintre au serrurier, en passant par le réalisateur, l’habilleur ou le maquilleur…
"Les Guignols coûtent 15 millions d'euros par an, salaires et charges comprises, explique Christine Escudié, directrice de production. Les marionnettes sont fabriquées par le sculpteur Alain Duvergne. La matrice coûte 6 000 €, le tirage 2 500 €.
9 h 30. Au premier étage, le bureau des auteurs. Rien pour perturber l’esprit, excepté deux statues africaines à l’effigie des Chirac. Face au canapé, un écran géant diffuse en boucle des chaînes d’information continue. Pour Lionel Dutemple, Ahmed Hamidi, Julien Hervé et Bruno Gaccio, la journée débute par une revue de presse. Ensuite ? Ça bouillonne, ça parle, ça discute, ça s’engueule, ça rigole, ça s’énerve… C’est ici aussi que naissent les fictions. Tournées avec les moyens du cinéma, il faut trois semaines entre l’écriture et leur diffusion à l'antenne.
13 heures. Les auteurs livrent une première ébauche du déroulé de l’émission du soir. Ils ont jusqu’à 17 h pour affiner. Au rez-de-chaussée, les ateliers - qui occupent 80 % du lieu -, reçoivent les premières consignes. Corine, Muche, Patricia et Christelle, les maquilleuses, préparent les marionnettes, brossent les perruques, poudrent les visages de latex. Elles rangent aussi les Guignols qui reviennent de l’enregistrement de la veille. "On fait sortir en moyenne 15 Guignols par jour, confient-elles. Mais ça peut aller jusqu'à 120, quand on tourne une fiction." Autour d’elles, des centaines de paires de mains, tout autant de lunettes, un amoncellement de polaroïd… et près de 380 cartons, un pour chaque tête de Guignols…
Tout aussi impressionnant, l’atelier costume. Difficile de lister précisément ce qui s’y trouve, car les vestiaires se remplissent chaque jour. "On achète environ cinq vêtements par semaine, on fait les soldes…" Abîmés les habits ? "Non, coupés au niveau des coudes, pour permettre les manipulations".
17 heures - 19 h 54. Studio 104, à la Plaine-Saint-Denis. L’heure est aux répétitions pour les marionnettistes (ils sont deux par Guignol) et les imitateurs, enfermés dans une petite pièce, à l’écart. La routine pour Yves Lecoq, voix de PPD depuis Les arènes de l’info, en 1988. "Ça passe vite 15 ans… Et d’ajouter avec la voix d'Arlette Laguiller, c’est toujours pareil, on ne peut pas prendre notre retraite, on n’a pas assez de points…" Tandis que sur le plateau on synchronise les gestes et règle les mouvements de caméra, les "voix" répètent leur texte.
"La force des Guignols, c’est de ne pas faire dans la douceur, c’est d’aller au-delà des limites. On tape sur nos patrons, nos animateurs… C’est comme Midi Libre : on est libres !", sourit Yves Lecoq. "Nous sommes plus dans le jeu que dans l’imitation, ajoute Daniel Herzog. D’ailleurs quand un nouveau personnage arrive, chaque imitateur présente sa version et c’est la production qui décide…"
19 h 55. L’émission commence. En direct, toujours, comme un vrai JT. Sous la table, rehaussée d’1,5 m - comme tous les décors -, la sueur perle sur le front des marionnettistes. Les Guignols, c’est sans filet ! Une fois l’antenne rendue, la conclusion à PPD : "A ciao, bonsoir…"

A Paris, Loïc TORINO-GILLES

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Le film

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Entretien : Yves Le Rolland (directeur artistique des Guignols depuis 1995)

medium_f-lerolland.jpgLe pot de départ de Chirac a été fêté hier soir…
Chirac ne va pas forcément nous quitter. Il va rester un observateur privilégié et un commentateur… Il sera très présent lors du Festival de Cannes. C’est un de nos personnages préférés. Il nous permet de faire tout et n’importe quoi.
Vous vous voyez comme un JT ?
Plutôt comme une parodie ; une alternative. On invente aucun élément, on parle des choses vraies. Mais on se permet d’aller là ou les journalistes ne peuvent pas aller…
On dit souvent qu’en 1995, les Guignols ont fait élire Chirac.
Prouvez-le ! Ca me fait rire. Ça prouve le fantasme qu'il y a parfois autour de cette émission. C’est nous donner beaucoup beaucoup de pouvoir par rapport à ce qu'on représente. Et fondamentalement, je trouverai ça gravissime pour la démocratie. On fait ne changer personne de camp.
Vous vous sentez libre ?
Nos patrons nous protègent. On est là depuis 18 ans, c'est l’avantage de l'âge. Je pense que si on était une nouvelle émission, on ne pourrait pas faire ce que l'on fait aujourd'hui. On est devenu une institution. Il y a de plus en plus de sujets tabous en France. On lutte contre le politiquement correct et le bien pensant dans une société de moins en moins tolérante.

Propos recueillis par L.T.-G.

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Historique des Guignols

Septembre 1988 : création des ARENES DE L’INFO, sous la houlette de Alain De Greef. Inspirée de THE SPITTING IMAGE, l’émission est venue remplacer Les Nuls suite à leur départ. L’équipe est composée de trois auteurs : Christian Borde, Alexandre Pesle et Arnold Boiseau, qui est aussi le directeur artistique.  Yves Lecoq et Béatrice Belthoise assurent la totalité des voix. Jean-Eric Bielle les rejoindra par la suite.

Mars 1990 : Sandrine Alexi rejoint Yves Lecoq et Jean-Eric Bielle pour les voix.

Septembre 1990 : LES ARENES DE L’INFO deviennent LES GUIGNOLS DE L’INFO. Nomination d’un nouveau directeur artistique : Franck Arguillère. Une nouvelle équipe d’auteurs prend en main l’émission : Benoit Délpine, François Rollin et Jean-Marie Gourio. Ces deux derniers quittent l’émission peu de temps après. Jean-François Halin intègre l’équipe en octobre 1990 et Bruno Gaccio en mars 1992.

Septembre 1992 : première  SEMAINE DES GUIGNOLS  diffusée le dimanche de 13h00 à 14h00.

Novembre 1992 : Eric Cantonna est la septième marionnette.

Janvier 1993 : les Guignols obtiennent le Sept d’or de la meilleure émission de divertissement  pour LA SEMAINE DES GUIGNOLS. Ce Sept d’Or a été décerné par le public.

Décembre 1993 : deuxième Sept d’Or.

Mai 1995 : pour le deuxième tour des Elections Présidentielles, les Guignols organisent une émission spéciale d’une heure, en direct, pour annoncer les résultats.

Juin 1995 :  Yves le Rolland est nommé directeur artistique de l’émission.

Septembre 1995 : Jean-Eric Bielle, l’une des voix principales des Guignols quitte l’émission. Après son départ, Yves Lecoq et Daniel Herzog se partagent ses voix.

Novembre 1995 : Nicolas Canteloup vient renforcer l’équipe des imitateurs.

Janvier 1996 : Franck Magnier, pigiste depuis deux ans, intègre l’équipe de base en charge des JT quotidiens.

Juin 1996 : Benoit Délépine et Jean-François Halin quittent Les Guignols.

Septembre 1996 : l’équipe se compose de Bruno Gaccio, Franck Magnier, Alexandre Charlot pour l’écriture du direct et des sketchs. Jean-Paul Bathany, Eric Lavaine et Yvan Longuet collaborent aux Guignols sur l’écriture des sketchs.

Janvier 1997 : troisième Sept d’Or.

Février 1997 : Jacques Chirac découvre l’informatique et le mulot.

Mars 1997 : Laurent Baffie est la 200ème marionnette.

Juin 1997 : après la campagne des élections législatives, les Guignols annoncent la nomination de Lionel Jospin premier ministre devant 3,7 millions de téléspectateurs.

Février 1998 : Pierre Fulla, reporter de Frac 2 à Nagano pour les  Jeux Olympiques, est la première star des Guignols sans marionnette. C’est Nicolas Canteloup qui lui donne une voix.

Mars 1998 : Sept d’Or du meilleur montage.

Printemps 1998 : Jean-Pierre Gaillard, Doc Gynéco et Pascal Obispo font leur entrée aux Guignols.

Automne 1998 : Gerhard Schröder et Daniel Cohn-Bendit sont les 216ème et 217ème marionnettes.

Depuis septembre  2000: les Guignols sont écrits par une nouvelle équipe d’auteurs : Lionel DUTEMPLE,  Ahmed HAMIDI, Julien HERVE, Bruno GACCIO et Laurent VASSILIAN (ce dernier est parti en juin 2001).

21 avril  2002 : Pour la deuxième fois de leur histoire les Guignols annoncent les résultats des élections présidentielles  en direct.

Avril 2003 : à ce jour 253 personnalités françaises et internationales, tous domaines confondus,  ont été Guignolisées. A cela il faut  ajouter des dizaines d’anonymes, enfants et animaux…soit plus de 300 marionnettes.

Novembre 2003 : Lionel Dutemple, Bruno Gaccio, Ahmed Hamidi et Julien Hervé, remportent le 7 d’Or des meilleurs auteurs /scénaristes.

30/03/2007

La route

Confidences, sur Canal +, c'est fini. Nos routes se séparent ce soir avec le quatrième et dernier volet consacré aux chemins du plaisir. Soit l'amour recto verso. Oui, il est toujours question de confessions jubilatoires et salées, que livrent une dizaine de "bobos" attachants dans un loft cossu.

Après avoir abordé les préliminaires, l'onanisme et la distraction en groupe, ces pétillants débauchés empruntent à présent un itinéraire secondaire. Avec tout le tabou que cela comporte. « Dernier verrou qu'on doit faire sauter » ou au contraire « Itinéraire bis que l'on doit éviter », autant de points de vue et de fantasmes qui (se) secouent.

C'est vrai qu'ils ont un peu fait le tour de notre sexualité, mais Jean-Pierre, Eric, Sophie, Marie, Pauline et les autres vont nous manquer. On retrouvera aussi avec gourmandise des "guest" aussi déroutants qu'Antoine de Caunes, Emilie Dequenne, Agnès Soral...

Savourons donc cette dernière petite gâterie, qui se terminera au moment où les gens raisonnables prennent le chemin... du lit.

L.T.-G.

"Confidences" - Canal + - 30.03.07

24/03/2007

VIDEO La bonne nuit de Canal +


(Le rêve de Rénata Azambuja, illustré par Alexandra Kumlin

 et le rêve de Laurianne, vu par Speedy Graphito)

- Avec l'accord de Canal + -


"Faites de beaux rêves"

Canal + fête ce soir le passage à l’heure d’été par une rêverie fantaisiste. Faites de beaux rêves, à 1 h, est la mise en images par des artistes contemporains, de songes d’artistes (Starck, Higelin, Guezo, Fellag) et d’anonymes (ethnologue, élève de maternelle…). Déambulations florales, peinture à l’huile, jeux vidéo, images de vieux films sont autant de stratagèmes oniriques pour donner vie à ces rêves loufoques ou graves.

On ne résiste pas au plaisir de vous conter la folle chevauchée de Jacques Higelin, sur un cheval gris pommelé. « Je le trouvais sensuel, je le caressais… Il m’a dit "Je t’aime", c’est vrai. Et puis il s’est métamorphosé en princesse. »
L’histoire de la comédienne Sophie Daull est également une perle. « J’étais sur un bateau de croisière, il y avait un grand piano. Je jouais du Chopin, mais les gens me réclamaient du jazz. J’avais un pressentiment avec le jazz. J’en ai joué et nous avons coulé. Il n’y avait plus rien pour me sauver. Là, dans l’eau, j’ai croisé ma prof d’anglais. Elle avait d’énormes seins de nacre qui m’ont servi de bouées. »

Oui, les rêves virent parfois au cauchemar.
L.T.-G.

Samedi 24 mars à 1 h. Lundi 2 avril à 23h35.

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Canal + vous en montre plus

http://www.canalplus.fr/index.php?pid=478

 

09/03/2007

So sex

Prenez quatre nénettes : une épouse ambitieuse, une célibataire qui rêve d’être maman, une lesbienne divorcée et une femme gourmande et débridée.

Ajoutez quatre mâles : un éternel looser, un célibataire endurci, un dragueur de Prisunic et un mari qui s’applique à faire l’amour comme il récure une casserole. Asseyez-les sur un canapé et recueillez leurs Confidences.

Voila la trame de cette série de quatre épisodes de 26 minutes, diffusée à partir de ce soir sur Canal + (22 h 20).

Follement coquin, ce premier volet s’intéresse au langage des plaisirs. En clair, aux langues habiles et malhabiles qui descendent en dessous de la ceinture satisfaire nos désirs les plus primitifs. Cru mais jamais vulgaire, ce bavardage entre amis parle sans ambages de notre manière de consommer l’amour… De toutes ces choses intimes que l’on ne dit pas.

Dans le confessionnal, Antoine Duléry, Catherine Marchal, Olivier Marchal et Sophie Mounicot sont formidablement drôles.

Quant au générique, il effeuille les multiples façons de nommer une fellation. Purement jouissif.

L.T.-G.

Confidences – Canal + - Vendredi 9 mars 2007