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16/03/2007

Affiche rouge

« Nul ne semblait vous voir Français de préférence/

Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant/

Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants /

Avaient écrit sous vos photos "Morts pour la France"»


Difficile de trouver des mots plus justes que ceux du poète Aragon. La traque de l’affiche rouge, diffusée hier soir en deuxième partie de soirée sur France 2, traitait avec éloquence d’un épisode odieusement sombre de la seconde guerre mondiale. De la méthodique collaboration des enquêteurs de la police française et de la brigade spéciale des Renseignements généraux, qui devait aboutir à l’exécution, en février 1944, des 23 résistants étrangers, pour la plupart des juifs ou des communistes.
Ce programme très documenté (archives inédites, reconstitutions...), revenait avec précision sur la création et la chute de ce réseau de résistants organisé autour de Missak Manouchian.
Hazard de l’acutalité, on ne pouvait s’empêcher d’avoir une pensée émue pour la grande Résistante qui vient de nous quitter. Ce documentaire méritait d’être diffusé à 20 h 50 et devrait être présenté dans les collèges.

L.T.-G.

"La traque de l'affiche rouge" - France 2 - 15/3/07 22h15

10/03/2007

Vers d’exil

Dommage que ce reportage soit si lent. Dans la thema proposée hier soir sur Arte, Entre exil et résistance, Jérôme Prieur s’est intéressé au poète René Char, héros de la Résistance provençale. Sur le parcours discret de cet homme de lettres, ami des surréalistes, qui délaissa l’écriture pour le dessein. Un grand : sauver sa patrie.

Maquisard dès 1941, il devint capitaine Alexandre, chargé de réceptionner les parachutages des alliés. Paradoxe, au moment où « les yeux seuls sont encore capables de pousser un cri », en référence aux déportés du Camp des Milles, dans une tuilerie près d’Aix-en- Provence, il refuse d’être publié. Un secret irrévocable « aussi longtemps que ne se sera pas produit quelque chose qui retournera entièrement l’innommable situation dans laquelle nous sommes plongés. »

Ce parcours de vie est illustré par de nombreux documents d’archives. Plus curieux, les reconstitutions filmées par son groupe de résistants (avec la petite fille délivrant : « La bibliothèque est en feu », message clandestin qui deviendra un titre de poème). Sa poésie est également présente, lue par René Char lui-même.

L.T.-G.

Arte "René Char, nom de guerre Alexandre", 9.3.7