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04/05/2007

Laurence Ferrari va "demander des comptes aux politiques"

medium_DIMANCHE_.jpgENTRETIEN La journaliste de Dimanche +, sur Canal, sera en direct le soir du deuxième tour de la Présidentielle

Comment préparez-vous le dimanche du second tour ?

Beaucoup de travail, évidemment puisqu’on est immergé tous les uns les autres sur le terrain dans les meetings des candidats… On va refaire une soirée électorale comme on l’a fait pour le premier tour, en direct à partir de 19 h 15 jusqu’à 21 h. On essaiera toujours de faire vivre ce qui se passe sur le terrain. Notre tonalité sur Dimanche +, depuis le début de la saison, c’était toujours ça : aller chercher l’information sur le terrain pour l’amener aux téléspectateurs, essayer de faire différent de ce qui se fait sur les autres grandes chaînes où c’est la grand messe, comme toujours, avec la même ronde des invités, les mêmes sondeurs.

Où se trouvaient vos équipes ? 

On n’est pas seulement allées dans les QG et les partis. On était positionnés à Clichy-sous-Bois aussi parce que c’était important et symbolique d’être en banlieue ce jour-là. On était présents à New York parce que le regard des Français de l’étranger nous intéressait. Et puis on était très présents sur Internet puisque, aujourd’hui c’est un média à part entière. En plus de Campanet, on a installé sur Second Life, qui est un monde virtuel, un personnage de Dimanche +. Cet avatar me représente… avatar est un mot horrible !

Dimanche + continue l’année prochaine. Qu’est-ce qui va changer dans sa construction ?

Il y aura toujours et encore plus de terrain. On sera aussi dans une année politique importante. Il y a quand même les municipales en 2008. Je ne pense pas que les Français vont se désintéresser de la politique. Quel que soit le pouvoir en place, je pense qu’ils voudront qu’on tienne les promesses électorales. Dieu sait qu’il y en a eu des promesses électorales ! Nous, à Dimanche +, on sera là pour demander des comptes aux politiques.

Président ou pas, vous avez répondu à Nicolas Sarkozy, dans un magazine, que vous l’inviteriez à nouveau…

Absolument. C’est lui qui a demandé si je voulais bien l’inviter à nouveau. Et je lui ai dit que finalement, et dans tous les cas, même s’il n’était pas élu puisque c’est une possibilité qu’il faut envisager…

S’il est Président, vous allez lui poser quelle question ?

Voilà, vous êtes élu, donc maintenant on va reprendre toutes vos propositions. Quand allez-vous faire la conférence que vous avez promis ? Ou modifier la loi sur les impôts ? Vous avez dit que vous feriez un service minimum dans les transports en commun, comment vous le mettez en place ? Vous avez dit que vous ne remplaceriez pas un fonctionnaire sur deux qui partait à la retraite, comment faire au niveau de l’Education nationale ? Ne vous inquiétez pas, j’ai largement deux heures d’émission de prêtes.

Et s’il n’est pas Président ?

Je lui demanderai comment il analyse cet échec. Est-ce que ça tient à sa personnalité, est-ce que ça tient à son programme, ou à la force de la candidate socialiste ? Et qu’est-ce qui sera dans l’opposition s’il continue à être un acteur majeur dans l’opposition ? Tout cela étant de la science-fiction d’un côté comme de l’autre.

En tant que citoyenne, avoir rencontré tous les candidats, ça vous a aidé à faire votre choix ?

J’ai vu ce que certains candidats maîtrisaient, d’autres pas du tout. A droite comme à gauche, c’est absolument pareil. Je les ai vraiment vu évoluer et travailler, se faire sécher sur certains dossiers et être très bons sur d’autres. Moi j’ai fait mon choix en toute connaissance de cause, et assez loin des idéologies je dirais.

Comment vous jugez cette première saison ?

Télévisuelle ? Vraiment formidable. D’abord parce que j’ai créé ma société de production. Ça me donne une force et une indépendance que je souhaitais. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai quitté la structure dans laquelle j’étais avant (NDLR, TF1). Je me suis vraiment épanouie sur Canal + parce qu’on m’a donné la liberté absolue éditoriale que je souhaitais, parce qu’on me fait confiance, qu’on m’a confié les soirées électorales.

C’est important de travailler dans un climat de confiance. Je me suis éclatée toute l’année, chaque fois que j’allais à l’antenne, j’étais heureuse. Heureuse d’être avec mon équipe et d’être sur cette chaîne-là. Donc, c’est une très belle année. On a eu de très très bonnes audiences. Des audiences qui sont similaires à ce qu’il y avait sur la tranche l’an dernier. Encore une fois, c’était le journal de Karl Zero qui était installé depuis dix ans. Honnêtement, on a trouvé notre public.

Qui est ce public ?

Il est jeune. Mon objectif c’était d'intéresser les jeunes à la politique, de leur donner l’envie d’aller voter. Le taux de participation au premier tour (85 %), c’est une vraie victoire. Ça veut dire que les gens qui ont regardé les émissions, pas seulement la mienne, avaient une vraie demande d’information politique. Ce que je voulais c’est qu’ils votent pour un projet et pas contre un projet, choisir la société dans laquelle ils vont vivre. Le taux de participation déjà, ça veut dire que ça, ça marche.

Propos recueillis par Loïc TORINO-GILLES