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24/05/2007

Les "harmonies tordues" de Maurane

medium_f-mauran.jpgENTRETIEN En plein préparatifs d'une tournée qui passe par Montpellier en juin, Maurane fait escale à Montréal pour chanter avec Céline Dion

Vous n'avez pu refuser l'invitation de Céline Dion ?

Je n'avais aucune raison d'annuler cet enregistrement télé (le 9 juin sur TF1), mais ça met bien le bordel dans mes petites affaires du moment, je peux vous dire... (Rires).

Vous l'avez rencontrée en 1996 aux Enfoirés, et beaucoup d'artistes considèrent votre duo comme le plus grand moment des Restos du Coeur.

Oui, ils me l'ont dit. Jean-Jacques (Goldman) se trémoussait à l'idée de nous entendre chanter toutes les deux. Avant la télé, il disait ah la la, je suis content, ça va être bien. Et c'est resté apparemment, puisque chaque année je sais qu'il le repasse dans les petits clips. C'est un honneur de chanter avec Céline... On ne peut pas se planter, c'est la Rolls, Céline !

Vous avez souvent des pauses récréatives comme ça ?

Oui, ça m'arrive et ce sont des opportunités que je saisis volontiers parce que c'est enrichissant. Finalement je suis venue à Montréal un peu avec des pieds de plomb en quittant les répétitions et puis les gens sont tellement accueillants, il fait beau, ça me fait une petite récré.

Vous allez rentrer en Belgique quand même ?

Oui (rires). En plus, la première approche... Je commence à avoir vraiment le trac. Je vais chanter au Trianon pendant dix jours, du 29 mai au 10 juin. C'est un très joli lieu. On est en plein boum, en plein boulot pour ça.

Que pouvez-vous dire de cette série de concerts ?

Pour moi, la scène, c'est là que tout existe pour de vrai, c'est le concret, la rencontre avec le public, le moment où les chansons prennent leur envol. Pour moi le disque c'est une étape. L'album, c'est comme un laboratoire. Après il faut que ça vive, que ça explose.

La tendance ne sera pas à l'intime ?

Non. En trio, on tourne déjà depuis je ne sais combien de temps. On a fait plein de spectacles et c'est génial parce qu'on redécouvre les chansons. Mais c'est quand même bien de jouer avec du monde. Ce n'est pas une question de puissance, parce que je ne chante pas du hard rock.

Votre single, "Les antipodes", est une mélodie assez exigeante ?

C'est une chanson d'Alain Lanty et de Pierre-Dominique Burgaud qui m'a été envoyée comme ça et j'ai craqué. Moi je l'ai trouvée jolie et assez accessible.

Vous recevez beaucoup de chansons ?

Oui. Je réagis de façon épidermique, il faut que ça soit "cherdepoulesque", sinon c'est même pas la peine. Si ça me fait un effet physique c'est gagné.

Vous avez composé des mélodies de votre dernier album ?

Il y a Sereine et Rouge amarante. Cette dernière est une chanson d'Arnould Massart, ça change d'harmonie tous les quarts de seconde. Harmoniquement c'est très tordu. Moi j'aime bien. Je suis peut-être tordue...

C'est un exercice de style ?

Non, j'aime ça profondément. Depuis que je suis toute petite j'ai écouté Stravinski, Bartok, Fauré, Ravel, des gens obsédés par les harmonies riches et changeantes.

Qu'est-ce qui vous fait rêver encore ?

Tout. La vie me fait rêver. J'y crois encore. Je suis peut-être dans l'utopie mais je suis plutôt du genre optimiste.

A Montréal, propos recueillis par Loïc TORINO-GILLES

Samedi 16 juin au Corum de Montpellier (de 35 à 45 €). Album "Si aujourd'hui" (Polydor).